RTBFPasser au contenu

Regions

Du soutien et une ouverture pour le Musée Fin-de-Siècle à Bruxelles

Du soutien et une ouverture pour le Musée Fin-de-Siècle à Bruxelles
10 févr. 2015 à 10:142 min
Par Myriam Baele

La lettre est adressée à Elke Sleurs, N-VA, en charge des musées fédéraux. Les échevins y demandent de ne pas fermer ce musée qui présente une collection riche, de nombreuses oeuvres Art Nouveau de grande valeur. Un musée qui attire les foules, 173 000 visiteurs l'an dernier, et qui est tout neuf: il a été inauguré il y a un an et a coûté 7,4 millions d'euros.

Une incertitude depuis décembre

Depuis deux mois, le sort de ce musée est en suspens. En décembre, la secrétaire d'état Elke Sleurs avait dit qu'elle voulait sortir les collections fédérales d'Art Moderne, entreposées depuis quatre ans dans des caves, pour les exposer à nouveau au public. Mais elle veut les présenter non pas dans un nouveau musée d'art dont rêve le gouvernement bruxellois, façon Guggenheim au bord du canal, mais bien dans les anciens bâtiments du Mont des Arts.  Elle proposait donc les salles des Musées Royaux des Beaux-Arts malgré qu'elles soient occupés par le nouveau Musée Fin-de-Siècle.

La collection Fin-de-Siècle (régionale bruxelloise) devait donc être réduite ou carrément remplacée au profit de la collection Art Moderne (fédérale).

L'hypothèse d'une fermeture du nouveau musée était sur toutes les bouches.

"Il y a assez de place pour les deux collections"

Aujourd'hui, changement de ton. Elke Sleurs se dit favorable au maintien du Musée Fin-de-Siècle. "J'ai visité le musée il y a quelques semaines et je remarque qu'il y aurait assez de place pour deux collections, il reste 3000 mètres carrés". La Secrétaire d'Etat envisage donc de présenter dans le même bâtiment l'Art Moderne et les oeuvres Fin-de-Siècle.

Une annonce qui va réjouir ou contrarier

Ces propos vont réjouir ceux qui souhaitaient le maintien du Musée Fin-de-Siècle. Mais pourra-t-il rester intact pour autant? S'il fallait le raboter pour permettre la cohabitation (il occupe aujourd'hui une bonne partie du bâtiment), qu'en penseraient les donateurs? Le couple Gillion Crowet à qui appartient l'essentiel de la collection, avait averti en décembre: la collection a été confiée au musée à condition de la mettre en valeur par une présentation très précise, bétonnée dans un contrat. "Si la collection n'était plus aussi bien mise en valeur", avertissait alors Roland Gillion Crowet, "nous pourrions reprendre nos oeuvres, y compris les 'Magritte' confiés au Musée Magritte".

Perplexes aussi, les membres du gouvernement bruxellois: l'équipe Vervoort s'etait prononcée pour un nouveau musée d'art moderne et contemporain au canal. Aujourd'hui Elke Sleurs, par ses propos, confirme une nouvelle fois, indirectement, qu'elle ne veut pas de ce musée, que les collections dont elle a la charge ne s'y retrouveront pas. Le gouvernement bruxellois devra poursuivre son projet sans les collections fédérales (mais comment?) ou bien renoncer.

M.Baele

Articles recommandés pour vous