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Bruxelles comptera bientôt deux musées sur les illusions

17 juin 2022 à 15:21Temps de lecture2 min
Par Margaux Guyot

Et non, vous ne voyez pas double, c’est bien un deuxième musée sur les illusions d'optique qui ouvrira ses portes dans la capitale le premier juillet.

Le Musée des Illusions (le nouveau) se targue d’être le plus grand musée du genre en Europe. Il viendra faire concurrence à Illusion Brussels qui connaît un beau succès d’affluence depuis son ouverture en novembre dernier. Le concept des deux musées est similaire, si pas identique : tous deux proposent aux visiteurs des expériences interactives et didactiques liées aux illusions d’optiques.

"On était au courant qu’un deuxième musée allait ouvrir", explique Anouar Saoudi, manageur d’Illusion Brussels. "En fait, pour nous, c’est quelque chose de bien aussi. Ça montre que le projet fonctionne et que ça plaît aux gens. On sait que d’un point de vue de la concurrence, c’est quelque chose de sain. Si les gens ont eu une bonne expérience au Musée des Illusions, ça leur donnera envie de visiter le nôtre."

Un tel doublonnage de musée n’est d’ailleurs pas une première à Bruxelles. Le Musée Renée Magritte de Jette a vu arriver le Musée Magritte de la Place Royale. La capitale compte également deux musées du chocolat et deux expositions de Frida Kahlo se tiennent simultanément à quelques mètres l’une de l’autre en ce moment.

 

Museum of Illusions, une machine bien huilée

La franchise "Museum of illusions" arrive donc à Bruxelles et c’est une organisation de grande ampleur. Aujourd’hui, 40 antennes existent à travers le monde et 18 autres sont sur le point d’être inaugurées, dont celle de Bruxelles. A titre de comparaison, même les musées de Madame Tussauds ne peuvent rivaliser avec de telles chiffes.

L’aventure a commencé en 2015 avec un musée à Zagreb en Croatie. Trois ans plus tard, 13 musées identiques avaient déjà ouvert leurs portes, sur le modèle de la franchise.

Quel est l’intérêt de créer une telle chaîne de musées à travers le monde ? Selon le chercheur Rémi Mencarelli, de l’Université Savoie Mont Blanc, le business des musées, comme le business de la culture en général est une affaire commercialement risquée. "A partir du moment où un musée va fonctionner, on va vouloir capitaliser sur les recettes de ce succès. Les recettes du succès, c’est quoi ? C’est d’avoir une marque qui est connue, c’est d’avoir un ensemble de savoir-faire et d’expertises qui est développé et c’est de mettre ces éléments-là aux services d’une nouvelle structure qui va émerger", explique le chercheur. L’objectif d’une telle démarche est de minimiser le risque d’échec commercial d’un nouveau musée et de maximiser ses chances de réussite.

La même dynamique s’observe aussi pour les festivals de musiques. Par exemple, l’entreprise belge florissante de Tomorrowland compte désormais une version hivernale à l’Alpe D’Huez en France mais aussi une version brésilienne et une autre américaine.

La critique principale qui est accolée à ces chaînes de musées ou de festivals est celle de l’homogénéisation de la culture. Le risque est qu’à Londres, Paris ou Bruxelles, ce soit la même offre culturelle proposée aux visiteurs, à l’image des chaînes de fast-food ou de prêt-à-porter.

 

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