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Bruxelles a décidé d’en finir avec les nuisances des trottinettes partagées

15 mars 2022 à 09:08Temps de lecture3 min
Par Barbara Boulet

Elles traînent parfois en plein milieu du trottoir ou entravent les pistes cyclables. Bruxelles a décidé d’en finir avec le stationnement sauvage des trottinettes en libre service. Les députés du parlement régional ont voté la semaine dernière un texte -une ordonnance- qui organise leur parking, dans des zones dédiées à cet effet.

Certaines communes avaient d’ailleurs déjà pris les devants. A Evere, par exemple, où 50 drop-zones, des zones de stationnement spécifiques, ont été déterminées au sein du territoire de 5 km 2. Elles seront incessamment délimitées par des marquages au sol et les utilisateurs seront contraints d’y déposer leur engin en fin de location, "faute de quoi la commune va lever des sanctions administratives communales qui seront infligées à l’opérateur et l’opérateur va certainement en répercuter le coût sur les utilisateurs qui se sont mal comportés", explique l’échevin Défi de la mobilité Pascal Freson.

A Berchem-Sainte-Agathe, les 31 zones de stationnement sont déjà d’application (sur un territoire de 3 km2). A la clé, il y a la possibilité, pour la commune, d’embarquer les trottinettes mal garées. Et d’après l’échevin Ecolo de la mobilité Thibault Wauthier, les opérateurs jouent le jeu : la location ne s’arrête pas tant que la trottinette n’est pas rangée dans une des zones dédiées à cet effet, photo de l’utilisateur à l’appui.

3 types de régimes

Des projets similaires sont aussi sur les rails à St Josse (15 zones) et à Uccle. Et avec la nouvelle ordonnance communale, c’est bientôt tout le territoire de la Région qui va s’organiser. " On pourra dorénavant avoir trois régimes : soit des zones de stationnement libre, un peu comme aujourd’hui, où on pourra garer partout pourvu qu’on respecte le Code de la route. Un deuxième régime avec des zones d’interdictions, comme la Grand-Place. Et un troisième régime, qui est nouveau : le régime réglementaire avec les drop-zones", explique le député Groen Arnaud Verstraete, principale cheville ouvrière du texte.

Les communes auront la main pour décider du régime qui s’applique chez elles. "On fait confiance à la bonne gestion des communes, poursuit Arnaud Verstraete. On peut espérer que les bourgmestres vont vouloir tout faire pour que ça se passe au mieux. Dans les communes où il y a des drop-zones, les usages et les citoyens vont voir que c’est bien organisé, que c’est clair, que ça se passe bien. Ça va probablement inspirer celles qui arrivent un peu plus tard".

Des contrôles et des sanctions

Et pour les contrôles et les sanctions ? "Dorénavant les fonctionnaires régionaux et communaux pourront vérifier sur le terrain. S’ils constatent une infraction, ils peuvent déplacer ou enlever la trottinette et donner une redevance à l’opérateur. Libre à lui de se tourner ensuite vers l’usager".

Chez Dott, on est tout à fait favorable

Comment les opérateurs accueillent-ils cette réglementation ? Très bien, à en croire Arnaud Verstraete et les échevins des communes qui ont déjà pris des mesures. Il est vrai que chez Dott, par exemple, l’un des opérateurs de trottinettes présents à Bruxelles, on est en demande : "On est tout à fait favorable à la mise en œuvre d’une réglementation, confie Marien Jomier, responsable des opérations de Dott Belgique. C’est quelque chose qui va apporter beaucoup de sérénité et de calme. Nos équipes de salariés se tiennent tout à fait prêtes à mettre en œuvre ce cadre. Nous l’avons vu dans d’autres villes, c’est quelque chose qui fonctionne. Et un élément clé pour que ça fonctionne, c’est le maillage et la simplicité. J’encourage toutes les communes à prendre le train en marche dès le départ et suivre les recommandations de l’ordonnance en termes de quantité, de tailles et de positionnement de points de stationnements. L’adhésion des communes sera un élément déterminant".

Les nouvelles mesures devraient entrer en vigueur progressivement à partir septembre, lorsque le gouvernement aura pris un arrêté pour préciser certaines modalités pratiques.

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