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Bruno Humbeeck après le Codeco: "Ce qui nuit très fort à la santé mentale, ce n'est pas le masque mais une communication distordue"

Codeco : "Ce qui nuit à la santé, c'est la communication distordue", selon le psychopédagogue Bruno Humbeeck

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03 déc. 2021 à 16:272 min
Par Marie-Laure Mathot

"Dire qu’on est pour ou contre les masques quand on est ministre, c’est irresponsable." Le psychopédagogue de l’Université de Mons Bruno Humbeeck reproche au politique de se chamailler sur ces questions plutôt que de faire entendre d’une seule voix un message clair à la population.

"Le principe du compromis veut qu’on tienne compte d’un tas d’éléments qui répondent à des logiques différentes, réagit Bruno Humbeeck à la suite du Codeco de ce vendredi 3 décembre 2021. La santé mentale, la santé sanitaire, physique, épidémiologique. Tout cela répond à des critères différents."

Pour introduire le clivage dans les opinions, on ne fait pas mieux

"Mais ce qui nuit très très fort à la santé mentale, c’est une communication distordue. C’est très préjudiciable quand on parle par exemple des masques dans les écoles. Quand on entend une ministre dire 'moi je suis contre les masques', la population se dit 'c’est plutôt rassurant, ça veut dire qu’il n’y aura pas de masques à l’école'. Et puis, on voit que finalement, le virus dicte sa loi et donc, on met les masques. Pour introduire le clivage dans les opinions, on ne fait pas mieux."

L’apprentissage hybride, c’est apprendre un peu à l’école et un peu en dehors, notamment via un ordinateur.
L’apprentissage hybride, c’est apprendre un peu à l’école et un peu en dehors, notamment via un ordinateur. Getty images

Pour Bruno Humbeeck, il serait plus constructif de profiter de la situation pour réorganiser la façon dont on enseigne, vers un enseignement hybride ce qui permettrait aux enfants de continuer à apprendre. "La vraie question que l’on doit se poser, c’est celle de la continuité pédagogique. Comment va-t-on enfin apprendre de ce qu’on a vécu de façon à faire de la véritable hybridation intelligente."

La vraie question que l’on doit se poser, c’est celle de la continuité pédagogique

L’hybridation, c’est donner cours en classe mais aussi ailleurs, notamment via un ordinateur à la maison. "Ce n’est pas couper la semaine en disant '1 jour de présentiel et le reste de numérique', mais plutôt, faire du présentiel physique et du présentiel numérique." Ainsi, les cours continueraient à être donnés par écran interposé.

Un type d’enseignement qui ne peut fonctionner qu’à une seule condition pour le psychopédagogue : accompagner les enseignants et les parents. "Pour que l’école reste vivable."

Il prend l’exemple des pays asiatiques. Là-bas, "on ne se pose pas la question du masque. On se pose la question du moment où on doit le mettre."

Le masque n’a pas de répercussions sur la santé mentale des enfants

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Et de souligner les observations faites depuis le début de la pandémie. "On sait que le masque n’a pas de répercussions sur la santé mentale des enfants. Même d’un point de vue émotionnel, les enfants 'compensent' très jeunes dans leur développement. Quand ils ne voient plus la bouche, ils regardent les yeux, des marqueurs émotionnels de la même intensité." Les enfants savent donc voir si une personne est fâchée ou contente car les sourcils et le regard font passer ce genre d’informations.

Néanmoins, ce n’est pas pour autant que le masque n’a aucune répercussion négative pour les petits. "Parfois, au niveau de l’apprentissage de la langue, les enfants ne sont pas aidés car ils ne voient pas les mouvements des lèvres. Il faut alors compenser autrement et dans les pays asiatiques, ils le font depuis des années."

"Ainsi, on ne bloque pas le débat pédagogique autour d’un débat qui finit par crisper les uns et les autres", analyse le psychopédagogue.

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