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Broyeurs à métaux : trop peu de candidats pour l'analyse de risques

Le broyeur de Cometsambre à Obourg. Le plus grand de l'Union européenne.

© RTBF

Quels risques les broyeurs à métaux représentent-ils pour la santé des habitants qui vivent à proximité ? Souvenez-vous, en avril 2021, le magazine "Investigation" avait réalisé une enquête démontrant que les riverains de Châtelet, où se trouve le broyeur à métaux de Cometsambre, étaient trois fois plus exposés aux PCB. Même si ces composés chimiques ne sont plus produits par l'homme car considérés comme cancérigènes, il n’est pas étonnant de les retrouver dans de vieux déchets voués au recyclage. Quand ils sont broyés, les poussières toxiques vont se libérer et contaminer l’environnement proche des usines.

Dans la foulée de notre enquête, la ministre wallonne de l’Environnement Céline Tellier (Ecolo) avait annoncé vouloir renforcer le biomonitoring wallon autour des broyeurs à métaux.

En Wallonie, sept broyeurs sont répartis sur les 4 provinces :

  • Hainaut : Cometsambre à Châtelet et Obourg, Derichebourg à Marchienne-au-Pont, Keyser à Courcelles.
  • Liège : Belgian Scrap Terminal Wallonie à Engis.
  • Luxembourg : Ecore à Aubange.
  • Namur : Dubail Recycling à Beez (actif depuis juin 2020).

Cette vaste étude baptisée "Biobro" et pilotée par l'Institut Scientifique de Service Public (ISSeP) a pour but d'objectiver les risques pour la santé en réalisant des prélèvements d'urine et de sang auprès des adolescents de 12 à 19 ans qui vivent à proximité de ces broyeurs depuis au moins cinq ans et quatre jours par semaine.

Mais malgré le prolongement de la période de recrutement au-delà de l'été, l'ISSeP peine toujours à trouver des volontaires (500 sont nécessaires au total). À Aubange, où des riverains ont vu leur ruisseau (Broch) complètement pollué par les rejets des eaux industrielles du broyeur à métaux d’Ecore, une dizaine d'adolescents seulement participera aux prélèvements prévus ce lundi 3 octobre. Or, il en aurait fallu cinquante pour effectuer une analyse spécifique. "Chaque broyeur fonctionne d'une manière différente, ça nous aurait donc permis d'apporter une réponse par site", explique Ingrid Ruthy, chargée de projet environnement et santé pour l'ISSeP. "Mais nous n'avons qu'un seul broyeur à métaux sur les sept pour lequel le quota de candidats est atteint".

 

Les eaux chargées d'hydrocarbures du Broch à Aubange
Les eaux chargées d'hydrocarbures du Broch à Aubange RTBF

Au vu du manque de participants et donc en l'absence de données qui permettraient d'avoir une vision plus précise, y a-t-il toujours un intérêt à poursuivre cette étude ? "Oui", répond d'emblée Ingrid Ruthy. "Cela nous permettra tout de même de voir si les adolescents sont plus exposés à certaines substances que les autres qui vivent ailleurs en Wallonie".

Plus d'informations sur cette enquête via ce lien : https://www.issep.be/biobro/

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