Brochets géants, streetfishing et moulinets : dans les tréfonds de YouTube

Incroyable, les brochets adorent cette boule jaune

© FishTique

30 avr. 2019 à 10:47 - mise à jour 30 avr. 2019 à 10:47Temps de lecture2 min
Par Florence Clément

Dans le microcosme de YouTube, le maquillage côtoie les jeux vidéo, les podcasts et autres vlogs, mais aussi… la pêche !  En quelques années, les pêcheurs de loisir ont envahi la plateforme pour partager leurs aventures et le média en ligne Numérama s’est ainsi plongé dans l’univers codifié des Youtubeurs français. Chez nous, l’activité est également très appréciée puisque pas moins de 80.000 personnes possèdent le permis de pêche, et quelques marins d’eau douce se sont déjà essayés à la vidéo.

 

Loin de l’image traditionnelle

En Belgique, la chaîne YouTube Fishtique comptabilise près de 60.000 abonnés et 7 millions de vues au total, dont 25.000 en deux jours pour la vidéo " Je PECHE le BROCHET en 4K ", filmée en haute définition. Le groupe d’amis y raconte ses parties de pêche, livre ses secrets pour attraper la plus grosse truite ou détaille patiemment les différents types de leurres. Rythmes hip-hop, esthétique street art et barbe savamment taillée, les pêcheurs sont jeunes et font baigner leurs vidéos dans cette culture mainstream. Certains sont même adeptes de la pêche en milieu urbain ou industriel et font sortir des prises impressionnantes de minuscules points d’eau. On est bien loin de l’image un peu poussiéreuse de ce hobby qui demande une patience exemplaire !

 

Les codes de Youtube 

Ces séquences de pêche respectent tous les codes des vidéos postées sur YouTube : abondance de majuscules dans les titres, miniatures alléchantes, drones, caméras embarquées, montage serré, concours pour les abonnés et sponsoring. Les marques spécialisées ont en effet rapidement invité ces pêcheurs modernes à relayer leurs équipements. Les partenariats permettent ainsi aux vidéastes de monétiser leur passion tout en renouvelant régulièrement leur matériel. Grâce aux revenus publicitaires engendrés par leurs vidéos, certains envisagent même de quitter leur emploi pour se consacrer entièrement au monde de la pêche.

 

Critiques

La pêche sur YouTube n’échappe pas aux traditionnels "haters" et fait l’objet de critiques, notamment de la part des défenseurs de la cause animale. La plupart des pêcheurs youtubeurs pratiquent et encouragent la pêche "No Kill", qui consiste à relâcher sa prise après l’avoir attrapée, mais les poissons sont malgré tout blessés par les hameçons. Il suffit de jeter un œil à la section commentaires des vidéos YouTube pour comprendre que c’est un véritable débat qui anime la communauté des pêcheurs connectés : comment relâcher sans blesser ? Pour répondre à ces attaques, la nouvelle génération de pêcheurs se place également en "sentinelle" de l’état des cours d’eau en dénonçant la pollution.

 

Découvrez ici la chronique "La tête dans la Toile" de Hélène Maquet :

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