Brexit: frictions entre Juncker et May autour des accords commerciaux

La Première ministre britannique Theresa May lors du sommet du G20 à Hangzhou, le 4 septembre 2016
04 sept. 2016 à 08:45Temps de lecture2 min
Par AFP

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a mis le holà dimanche aux intentions britanniques de lancer après le référendum du Brexit des négociations d'accords commerciaux bilatéraux, rappelant que cette compétence revenait exclusivement à Bruxelles.

"En ce qui concerne les sujets en relation avec le Brexit (...), je dois dire que la négociation d'accords de libre-échange est une compétence de l'Union européenne, conformément aux traités (...) et nous devons nous y tenir", a affirmé Juncker lors d'une conférence de presse à Hangzhou (est de la Chine), en marge du sommet du G20.

"Je n'aime pas l'idée que des pays membres de l'UE, y compris ceux qui en font encore partie, négocient des accords commerciaux. Il s'agit d'une attribution exclusive de l'Union européenne", a-t-il martelé.

Une réaction à l'intention de la Première ministre britannique, Theresa May, de lancer dès à présent des pourparlers bilatéraux pour faire du Royaume-Uni post-Brexit un "leader mondial du libre échange".

Mon ambition pour le Royaume-Uni est que nous devenions un leader mondial du libre échange

Mme May s'est rendue au sommet du G20 avec l'intention de présenter aux autres dirigeants internationaux "les opportunités commerciales qui s'ouvriront à travers le monde pour le Royaume-Uni après le Brexit".

"Je parlerai de la manière avec laquelle le Royaume-Uni saisira ces opportunités, parce que mon ambition pour le Royaume-Uni est que nous devenions un leader mondial du libre échange", a-t-elle expliqué avant de s'envoler pour Hangzhou.

Le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, a saisi la balle au bond et a confirmé des pourparlers dans la perspective d'un accord de libre-échange bilatéral.

"Mme May et moi-même sommes très engagés pour disposer d'un accord de libre-échange qui soit mis en place lorsque les Britanniques quitteront l'UE", a-t-il déclaré à Hangzhou.

Après la décision britannique de quitter l'UE, Mme May avait indiqué qu'"il n'y aurait pas de second référendum" et qu'elle mettrait en oeuvre le Brexit, dont le calendrier reste à définir.

Pour autant, la Première ministre a indiqué qu'elle n'invoquerait pas l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui lance la procédure de divorce avec l'UE, avant la fin de l'année. Le Royaume-Uni aura ensuite deux ans pour négocier les modalités de son départ... restant jusqu'alors membre de l'Union.