Brexit : accord ou pas, l'UE se dit préparée, Boris Johnson pointe l'Europe du doigt

le Royaume-Uni envisage un projet de loi pour outrepasser son accord de retrait avec Bruxelles.
12 sept. 2020 à 10:12 - mise à jour 12 sept. 2020 à 10:29Temps de lecture2 min
Par Belga

L'Union européenne est préparée dans le cas d'une issue défavorable aux négociations commerciales avec le Royaume-Uni, a souligné ce samedi le commissaire européen Paolo Gentiloni.

Paolo Gentiloni, en charge de l'Economie, a indiqué que le bloc européen serait prêt en cas d'"une issue extraordinairement négative".

Le temps presse

L'UE travaille toujours à trouver des accords et des solutions, a-t-il ajouté, mais le temps presse avec seulement un mois restant pour négocier un accord commercial pour qu'il soit validé dans les temps.


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Ses commentaires interviennent alors que le Royaume-Uni envisage un projet de loi pour outrepasser son accord de retrait avec Bruxelles. La Commission exige que le gouvernement conservateur du Premier ministre Boris Johnson abroge ces dispositions avant la fin du mois de septembre.

La faute à l'Europe ?

Le Premier ministre Boris Johnson a défendu ce samedi son intention de revenir en partie sur l'accord du Brexit face à la "menace" que l'UE instaure un "blocus" alimentaire en Irlande du Nord, dangereux pour "la paix" et "l'unité" du Royaume-Uni.

Le gouvernement britannique a présenté ce mercredi au Parlement un projet de loi sur le marché intérieur qui lui donne la possibilité de prendre des décisions unilatéralement sur des sujets relatifs au commerce avec la province d'Irlande du Nord.

Ce texte, qui contredit en partie l'accord encadrant sa sortie de l'UE, complique les discussions entamées depuis mars pour négocier un accord sur la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE.

Une violation du droit international

Dans un texte publié dans le journal britannique Daily Telegraph, Boris Johnson explique avoir été contraint à cette extrémité, qu'il reconnaît être une violation du droit international.

"À moins que nous n'acceptions les conditions de l'UE, l'UE utilisera une interprétation extrême du protocole de l'Irlande du Nord pour imposer une frontière commerciale complète le long de la mer d'Irlande", qui sépare la province du reste du royaume, écrit-il. 

"On nous dit que l'UE n'imposera pas seulement des droits de douane sur les marchandises transitant de la Grande-Bretagne vers l'Irlande du Nord, mais qu'elle pourrait en fait arrêter le transport de produits alimentaires de la Grande-Bretagne vers l'Irlande du Nord", poursuit-il. 

"Je dois dire que nous n'avons jamais sérieusement cru que l'UE serait capable d'utiliser un traité, négocié de bonne foi, pour instaurer un blocus sur une partie du Royaume-Uni ou qu'ils menaceraient réellement de détruire l'intégrité économique et territoriale du Royaume-Uni", écrit-il.

Projet de loi débattu lundi

"Une telle interprétation mettrait sérieusement en danger la paix et la stabilité" dans cette province britannique qui s'est trouvée ensanglantée par trois décennies de "Troubles" jusqu'à la signature de l'accord de paix du Vendredi saint en 1998, explique Boris Johnson.

Johnson appelle les députés conservateurs à soutenir son projet de loi, qui sera débattu lundi au parlement, alors que certains d'entre eux ont exprimé leur malaise de voir leur pays revenir sur ses engagements.

"Nous ne pouvons pas laisser le pouvoir théorique de diviser notre pays entre les mains d'une organisation internationale", a expliqué Boris Johnson, affirmant à destination des députés qu'il était "vital" d'adopter ce texte pour "mettre fin à cette possibilité".

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