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Brésil : et les incendies reprirent…

Brésil incendies Pantanal

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18 août 2020 à 15:192 min
Par Esmeralda Labye

On se souvient encore des images terribles, l’an dernier. La forêt amazonienne brûlait, victime d’une pratique ancestrale… La planète entière s’était inquiétée. Aujourd’hui, les feux ont repris et Covid-19 oblige, les éteindre n’est pas une priorité.

Depuis début août, les pompiers du Pantanal creusent des tranchées coupe-feu avec un tracteur pelleteuse. Objectif : tenter de limiter la propagation des pires incendies de ces dernières années dans cette région véritable sanctuaire de biodiversité, au sud de l’Amazonie brésilienne. Elle abrite les plus grandes zones humides du monde s’étendant jusqu’au Paraguay et au Brésil et compte des milliers d’espèces uniques telles que le caïman, la loutre géante, l’anaconda jaune, le jaguar ou encore le fourmilier.


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Selon l’INPE, l’agence spatiale brésilienne, plus de 3600 incendies ont été observés dans cette région cette année. Une augmentation de 201% par rapport aux incendies observés l’année dernière.

Reuters

"Il est extrêmement difficile de combattre, contrôler et combattre à nouveau un feu avec les dimensions que nous avons vues ici au Pantanal", explique Paolo Barroso, pompier volontaire.

Pour faire face à cette situation dantesque, les hommes du feu travaillent jour et nuit, avec l’aide d’habitants de la région.

"Ça fait bientôt dix jours qu’on se bat contre les flammes. Plus de 50.000 hectares sont déjà partis en fumée", révèle à l’AFP Adrison Parques de Aguilar, qui a pris part à une opération nocturne.

Les données satellitaires de l’Institut de Recherches spatiales (INPE) donnent toute l’ampleur du désastre : pas moins de 1684 foyers ont été repérés au Pantanal en juillet, du jamais vu pour ce mois de l’année depuis que ces statistiques ont commencé à être recueillies, en 1998.

"Nous avons eu des vents forts et des températures élevées dans la région et cela facilite la propagation des incendies, rendant le travail des équipes plus difficile", commente le colonel Gledson Bezerra.

Les précipitations ont été beaucoup moins intenses cette année, exposant des pans entiers de végétation au risque des incendies.

Les incendies ont aussi été causés par des agriculteurs pratiquant le brûlis sur des zones fraîchement déboisées pour y faire paître du bétail.

Le gouvernement a pourtant interdit tout brûlis agricole pour quatre mois à partir de juillet.

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Dégâts irréparables et désintérêt du président

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Le Pantanal est un véritable sanctuaire inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.

"Ça fait plusieurs mois qu’il ne pleut pas. Tout est très sec, il n’y a pas eu de crue, le Pantanal a besoin de pluie", explique à l’AFP, le fermier Antônio Santana, désignant avec désolation un épais nuage de fumée. Il s’inquiète pour sa santé, celle de sa femme et de son petit-fils.

La fumée risque de provoquer encore davantage de maladies respiratoires dans une région où le nombre de cas de coronavirus a fortement augmenté depuis juin.

D’autant que le président d’extrême droite Jair Bolsonaro a nié qu’il y ait eu des incendies en Amazonie, les qualifiant de "mensonge" et accusant les médias de les avoir répandus.

Selon les données gouvernementales, les 15 premiers jours d’août ont vu une diminution d’environ 17% du nombre d’incendies comme à la même époque l’année dernière, lorsqu’une forte augmentation des incendies à travers l’Amazonie a attiré la condamnation internationale au milieu de l’alarme concernant la déforestation d’une région cruciale à la lutte contre le réchauffement climatique.

Reuters

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