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Cyclisme

Bourlart : "L'annulation des classiques, c'est un peu la catastrophe pour notre sport..."

Jean-François Bourlart essaie de garder le sourire malgré la situation...

C’était attendu. C’est désormais officiel. Le Tour des Flandres 2020 est suspendu, annulé, reporté. Au choix. Mais une certitude : il ne se disputera pas le dimanche 5 avril prochain comme prévu.

Du côté des équipes sélectionnées pour cette 104ème édition, on n’est pas vraiment surpris par cette annonce. Samuël Grulois en a parlé avec Jean-François Bourlart, le manager de l’équipe belge Circus-Wanty Gobert.

Jean-François Bourlart, pas de surprise donc ?

" Ce n’est pas une surprise, en effet. On se doute bien qu’on ne va pas régler un problème tel que celui du coronavirus en deux ou trois semaines. Je suis certain que d’autres grandes courses, d’autres classiques, seront encore annulées dans les prochains jours. On espère une reprise au mois de mai… mais on n’en est pas du tout certain. Il faut prendre son mal en patience et respecter les consignes. Je me mets évidemment à la place des coureurs qui préparent ces objectifs depuis des mois, qui ont fait des sacrifices, qui ont été en altitude, qui ont favorisé leur carrière plutôt que leur famille… Aujourd’hui, on annonce que tous ces rendez-vous sont annulés et ce n’est pas facile pour eux, mentalement non plus. C’est un peu la catastrophe pour le sport. 

Le Tour des Flandres, c’est plus d’un million de personnes sur le bord des routes… Je pense que la bonne décision a été prise.

On peut imaginer organiser certaines courses moins " populaires " en écartant le public. Mais s’il y a une bien une épreuve où il y a du monde, c’est le Tour des Flandres avec tous ces chapiteaux dressés à l’arrivée ou dans le Vieux-Quaremont… c’est ingérable !

" Oui, c’est ingérable ! Le Tour des Flandres, c’est plus d’un million de personnes sur le bord des routes, c’est des chapiteaux pour les VIP dans les côtes les plus importantes, c’est un enthousiasme terrible autour de l’événement… Je pense que la bonne décision a été prise. "

Les annulations se succèdent ces derniers jours. Est-ce une perte financière pour les équipes ?

" Oui, forcément. Les organisateurs nous dédommagent pour participer à leurs courses. Ils remboursent nos frais et ce sont parfois des montants assez importants. Évidemment, on aura moins de dépenses de notre côté, moins de frais de carburant, d’hôtels, de transferts, de vols… Il faudra faire le point en fin de saison, après cette crise. Mais il y aura une perte financière certaine pour les équipes. "

Du mois de mars jusqu’à la mi-octobre, il y a des courses tous les jours ! Et donc, je ne vois pas quand on pourrait replacer les épreuves annulées. Ou alors, on doit les replacer à des dates déjà occupées en supprimant les courses prévues à l’origine…

Imaginez-vous le report de toutes ces courses ? Dans un premier temps, seules les courses italiennes, les Strade Bianche et Milan-San Remo, étaient concernées. Mais désormais, le nombre d'épreuves à recaser explose… 

" Du mois de mars jusqu’à la mi-octobre, il y a des courses tous les jours ! Et donc, je ne vois pas quand on pourrait replacer ces épreuves-là. Ou alors, on doit les replacer à des dates déjà occupées en annulant les courses prévues à l’origine… Je ne sais pas comment les autorités sportives vont envisager les choses mais ça me semble difficile en tout cas. On attend des nouvelles de l’Union Cycliste Internationale et des organisateurs pour voir comment ils vont réorganiser le calendrier. "

Et puis, dans l’esprit, un Tour des Flandres ou un Paris-Roubaix en octobre ou en novembre, ça ferait bizarre et ça ne correspondrait pas à la réalité du cyclisme…

" Je suis d’accord. On sortirait les courses de leur contexte et de la période à laquelle elles sont normalement organisées. Et dans ce cas-là, ce ne seront plus les mêmes courses, bien sûr ! A mon avis, ces épreuves ne seront pas disputées cette année. "

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