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“Bouche cousue” : la parole des victimes face aux violences intrafamiliales

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17 janv. 2023 à 11:36Temps de lecture2 min
Par Liam Debruel

"Bouche Cousue" aborde le sujet dur de la violence au sein de nombreuses familles. En laissant la parole à différentes victimes ainsi qu’à un juge des enfants, le documentaire de Karine Dusfour pose le regard sur les conséquences de pareille brutalité.

Le chiffre laisse pantois : le juge du tribunal de Bobigny, au sein de "Bouche Cousue", suit 536 enfants en protection de l’enfance par an. Cela permet à peine d’imaginer les cas recensés en la matière et les traumatismes qu’il reste quand les enfants souffrent de violences au sein de leur famille. Parmi ces victimes encore marquées, il y a Céline. Elle a reçu ses premiers coups de ceinture car son père voulait en faire une grande pianiste depuis sa petite enfance, au point de la punir à chaque erreur. Au fur et à mesure du temps, les violences vont augmenter à un rythme soutenu : elle est frappée quand elle joue mal, se retrouve privée de nourriture ou à la manger entièrement mélangée sous prétexte qu’elle "joue de la bouillie". Le tout s’est fait de manière instituée :

Mon père a toujours eu une violence très contrôlée. Il n’y a jamais eu de cris chez nous. Jamais. Dès l’âge de 4 ans, j’ai été conditionnée. C’est un peu un réflexe pavlovien de faire une faute, de se lever, de se déshabiller, de se pencher sur le bureau et de recevoir des coups de ceinture.

"Dans ma tête, je suis mort plusieurs fois"

Thierry Beccaro a également été victime de pareilles violences durant sa jeunesse, au point de déclarer :

Dans ma tête, je suis mort plusieurs fois.

Plus loin, il appuie :

C’est un cataclysme dans la tête. C’est qu’on prend toute la culpabilité sur ses épaules. L’enfant se dit “Tout ce qu’il m’arrive, c’est que j’ai dû faire quelque chose”.

Les violences de son père l’ont terrifié, au point de craindre quand celui-ci le garde :

Quand mon père rentrait, souvent, il avait bu avec les collègues. La boisson avait réveillé ses démons. Moi, ça me tétanisait. Je me disais : “Mon Dieu, qu’est-ce qu’il va se passer ? Pourvu que ça se passe bien.

Quand on lui demande pourquoi il n’a pas témoigné à l’époque, l’animateur déclare :

Moi, je les aime mes parents. Un enfant, ça protège ses parents.

Difficile dès lors de ne pas comprendre comment pareilles violences ont pu marquer durablement leurs victimes, comme le montre le documentaire de Karine Dusfour.

"Bouche cousue", le lundi 23 janvier à 21h25 sur La Trois et en replay sur Auvio.

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