Journal du classique

Boris Godounov de Moussorgski : l’opéra russe programmé par la Scala de Milan ne fait pas l’unanimité

La Scala de Milan, février 2022

© Thomas Ronchetti | Anadolu Agency | Getty Images

23 nov. 2022 à 17:51Temps de lecture1 min
Par Victoria De Schrijver

Le mercredi 7 décembre 2022, la Scala de Milan ouvrira sa saison avec une nouvelle production de Boris Godounov (1872) de Modeste Moussorgski (1839-1881). Mais la simple idée qu’une production d’un opéra russe puisse avoir lieu à la Scala dans le contexte de la guerre en Ukraine a fait réagir le consul d’Ukraine à Milan.

Le surintendant de la Scala de Milan, Dominique Meyer, a expliqué récemment que la décision de programmer l’opéra Boris Godounov, sur un livret d’Alexandre Pouchkine, avait été prise il y a trois ans. Dans le rôle-titre, nous retrouvons Ildar Abdrazakov, célèbre basse de nationalité russe de 46 ans. Dominique Meyer défend ce choix qui pourrait intriguer certains : le célèbre chanteur n’est pas un personnage politique et il le considère comme le plus grand interprète actuel du rôle de Boris Godounov dans l'opéra de Moussorgski.

Le consul général d’Ukraine à Milan, Andrii Kartysh, craint que l’opéra puisse permettre une quelconque forme de propagande pro-russe. Dominique Meyer rappelle à chaque entretien qu’il accorde que l’opéra est une "parabole sur la dictature" et qu’il nous parle du "destin du peuple russe".

La Scala de Milan avait déjà écarté le chef d’orchestre russe Valery Gergiev qui devait participer à plusieurs représentations d’un opéra de Tchaïkovski en mars 2022, suite à son refus de prendre une position pacifique quant à la guerre en Ukraine et de se distancier du régime politique de Moscou, lui qui est également proche de Vladimir Poutine.

La Scala souhaite rassurer sur sa position. Elle a, en effet, tenu un grand concert au profit des victimes de la guerre en Ukraine ayant rapporté 400.000 euros et a également accueilli des enfants de l’école de danse de Kiev et hébergé leurs parents, a rappelé Dominique Meyer, surintendant de la Scala de Milan. Leur production d'un célèbre opéra russe composé au 19e siècle dans une programmation décidée il y a trois ans ne devrait pas être vue à travers le prisme de la guerre et de la propagande, selon l'Opéra.

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