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Le 8/9

Booder : "Je remercie tous les gens qui ne m’ont pas aidé, c’est grâce à eux que je suis devenu Booder"

Booder pour son spectacle "Booder is back"

Le 8/9

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02 déc. 2021 à 09:593 min
Par François Saint-Amand

Booder était l’invité du 8/9 pour présenter son nouveau spectacle Booder is back qui arrive en Belgique. Ce one-man-show évoque avec autodérision les jugements sur le physique et l’origine ethnique des êtres humains, afin d’améliorer le vivre-ensemble.

Après le succès de ses rôles au cinéma dans Neuilly sa mère 1 et 2 et Beur sur la ville et le carton de sa pièce de théâtre La Grande évasion, Booder is back dans un one-man-show.

Comme toujours dans ses spectacles, Booder fait preuve de beaucoup d’autodérision et nous donne son ressenti de la vie. Il vous parle de ses rencontres, de son fils, de son pays d’origine… Tout y passe !

Un spectacle pour réapprendre le vivre-ensemble

Booder revient donc à son premier amour, le stand up. Son spectacle reste fidèle au personnage : il aborde le regard des gens sur autrui, en évoquant sa propre expérience, tout en accordant une grande part à l’autodérision.

Ce dernier concept a toujours été sa meilleure arme face aux moqueries subies dans son enfance. L’humoriste de 43 ans compte partager ce pouvoir de l’autodérision avec son public pour instaurer davantage d’harmonie entre les peuples. "C’est assez rigolo d’en parler, de dédramatiser cela, et de s’accepter comme on est" déclare-t-il. "Le vivre-ensemble est le mot-clé de mon spectacle : comment vivre ensemble dans ce monde, accepter les autres et s’accepter soi-même".

Combattre les jugements

Booder a rapidement arrêté de grandir. Il a dès lors enduré les moqueries et les regards méfiants des gens. "Avant quand les gens me regardaient ils me prêtaient des noms de maladies. Ils pensaient que j’étais un personnage de dessin animé ou que je n’existais pas. Les bourrés qui me croisaient pensaient qu’ils étaient dans l’au-delà" se souvient-il, riant désormais de ces situations grotesques.

Booder is back se présente comme un spectacle familial, sans vulgarité, pour parler à toutes les générations qui peuvent être concernées par les railleries sur leur physique. "À travers mon expérience j’essaie de combattre tous ces jugements sur le physique ou sur les origines, parce qu’il y a des mômes qui sont à l’école et les gens se foutent de leur gueule tous les jours. Et cela continue hors récréation avec les réseaux sociaux" déplore-t-il.

L’humoriste franco-marocain souligne toutefois la difficulté d’ironiser sur ces moqueries ou le harcèlement scolaire, mais aucun doute ne subsiste sur le fait d’oser en parler : "Le pas entre l’humour et la moquerie est très fin. Il faut vraiment que ce soit bien fait car si nous, nous ne sommes pas drôles, nous sommes tout de suite agressifs. C’est tout de suite méchant".

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Destiné à devenir comédien

Le parcours de Booder peut d’ailleurs servir de leçon de vie aux nombreux jeunes qui rencontrent des difficultés dans leur parcours scolaire et professionnel ou dans les relations humaines.

Avant de devenir humoriste, Mohammed Benyamna de son vrai nom a réalisé un baccalauréat en comptabilité. Il n’a jamais trouvé de travail dans ce domaine, après avoir enchaîné pourtant de nombreux entretiens.

On a tous un destin. Sur scène et à la dernière page de mon livre, je remercie tous les gens qui ne m’ont pas aidé, parce que c’est grâce à eux que je suis Booder aujourd’hui.

"Peut-être que si j’avais réussi mes entretiens, que j’avais trouvé ma place en tant que comptable (je ne serais jamais devenu humoriste)" précise-t-il.

Booder, dont le nom de scène rend hommage au joueur marocain Aziz Bouderbala, aurait aussi pu devenir footballeur. Il avait un bon niveau malgré sa taille. Son entraîneur l’a fait jouer dans une catégorie d’âge plus jeune et lors d’un tournoi, il a été approché par un recruteur du PSG. "Il est venu me dire mon petit je vais appeler tes parents. C’était l’heure la plus belle de ma vie : je suis allé en parler à mon entraîneur : 'ça y est ils vont me prendre au PSG'. Il m’a répondu : 'mais tu lui as dit que tu avais 15 ans ?'. J’ai donc donné mon âge et il m’a dit : 'Ah non ce n’est pas possible'" raconte-t-il.

► Pour aborder avec humour ces leçons de vie, retrouvez Booder en spectacle le 13 janvier au Forum de Liège, le 14 janvier au Cirque Royal à Bruxelles et le 16 octobre 2022 au Théâtre Royal de Mons.

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Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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