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Bonne élève en Europe, la Belgique serait parmi les plus gros consommateurs d’eau au monde

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17 août 2022 à 09:54 - mise à jour 17 août 2022 à 12:44Temps de lecture3 min
Par RTBF Info sur la base d'une interview d'Anne-Sophie Bruyndonckx

Selon les différents gestionnaires des réseaux de distribution, les Belges seraient parmi les plus gros consommateurs d’eau au monde. Un constat interpellant qu’il importe toutefois de nuancer, notamment au niveau européen.

En effet, avec une moyenne de 90 litres d’eau potable par jour et par habitant, la Belgique se situe dans le top trois des pays européens qui en consomment le moins. Plus précisément, la consommation d’eau est de 85 litres en Wallonie, pour 96 à Bruxelles et 86 en Flandre.

"Les deux pays qui s’en sortent le mieux sont la Bulgarie, qui est dans le même ordre de grandeur — on est à 90 litres par habitant et par jour en Bulgarie — et Malte, le champion toutes catégories, avec à peu près 80-85 litres. Donc, si on prend la Wallonie, on est carrément dans les champions de la non-consommation en Europe", a précisé Cédric Prevedello, conseiller scientifique chez AQUAWAL (l’Union professionnelle des opérateurs publics du cycle de l’eau en Wallonie) au micro de La Première.

Donc si la Belgique est assez bonne élève en Europe en matière de consommation d’eau, elle a, par contre, l’une des empreintes aquatiques les plus importantes au monde, aussi bien pour son développement industriel qu’au niveau de sa consommation générale (produits de tous les jours : le café, la viande, etc.).

Une situation qui s’expliquerait notamment par une "erreur historique d’indicateur", d’après Cédric Prevedello. "On peut trouver sur Internet que la Belgique est un des pays les plus stressés au niveau hydrique au monde", c’est-à-dire qu’elle "utilise le plus ses ressources locales par rapport à ce qui est disponible chaque année".

"Cette idée, qui a circulé très longtemps sur Internet, est liée essentiellement à un facteur : le fait de considérer les eaux de refroidissement de centrales nucléaires", indique-t-il. "La centrale de Tihange, par exemple, c’est 1,5 milliard de mètres cubes, soit 1,5 trillion de litres. C’est absolument énorme. Si on rapporte à la population wallonne, c’est de l’ordre de 500 mètres cubes par habitant. Alors que si vous prenez un ménage d’une personne, il consomme en eau potable 30 mètres cubes. Vous voyez donc comment ça peut fausser le calcul."

De l’eau potable, même pour l’entretien…

Au quotidien, ce qui utilise le plus d’eau potable, ce sont les chasses d’eau à raison d’un tiers de la consommation totale d’un ménage, soit plus ou moins 30 litres par jour. En deuxième position réside l’hygiène corporelle. Enfin, le tiers restant est consommé pour les cuissons, machines à laver et vaisselles.

Pourtant, des alternatives à l’eau potable existent, telles que l’eau de pluie pour les chasses d’eau. Encore faut-il toutefois avoir suffisamment de place pour pouvoir la récolter et les moyens financiers "parce qu’il faut la cuve, il faut le terrassement, il faut les raccordements, il faut les protections, il faut les filtres et toute une série d’autres choses. L’eau de pluie n’est donc pas une eau de pluie gratuite, il faut quand même investir des montants assez importants. Par exemple, typiquement, pour une citerne d’eau de pluie qui est raccordée aux WC et qui est suffisante, il faut compter de l’ordre de 2000 à 3000 euros", souligne Cédric Prevedello.

[…] on a un screening qui est en cours, […] qui montre que les teneurs dans les eaux souterraines sont inférieures à celles que l’on peut retrouver en eaux de pluie grâce à ce mécanisme de filtration des sols

Une autre solution, à moyen terme, résiderait dans la filtration naturelle des eaux souterraines, notamment en Wallonie. "C’est-à-dire que quand l’eau percole vers les aquifères, elle est filtrée par les différentes couches de sol, ce qui donne une eau d’assez bonne qualité, à l’exception de l’exploitation de nitrates ou de pesticides qu’on retrouve régulièrement. Ce sont des problèmes qualitatifs sur lesquels on travaille avec les secteurs qui sont concernés. Mais au niveau des perfluorés, par exemple, on a un screening qui est en cours, qui a déjà été fait en Flandre par exemple, et qui montre que les teneurs dans les eaux souterraines sont inférieures à celles que l’on peut retrouver en eaux de pluie grâce à ce mécanisme de filtration des sols", conclut le conseiller scientifique.

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