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Bombes nucléaires américaines stockées à Kleine-Brogel : "La Belgique est dans la totale illégalité"

L'invité dans l'actu

Sensibilisation au désarmement nucléaire

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21 sept. 2021 à 09:133 min
Par J.C., d'après L'invité de l'actu d'Aline Goncalves

Ce 21 septembre, Journée internationale pour la paix, 112 villes et communes belges arborent le drapeau de la paix contre les armes nucléaires, à l’initiative de la CNAPD, Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie, et la coalition belge contre les armes nucléaires.

Samuel Legros, porte-parole de la CNAPD, était invité sur La Première.

Vous profitez de la Journée internationale pour rappeler la dangerosité de ce type d’armes.

"Oui, tout à fait. Ça fait maintenant quatre ans qu’on s’adresse aux communes pour leur proposer de hisser le drapeau de la paix lors de la Journée internationale pour la paix et, en leur faisant cette demande, on leur rappelle effectivement la dangerosité des armes nucléaires, et particulièrement aujourd’hui, où on voit que les tensions internationales sont à leur comble et que les armes nucléaires prennent toujours plus de place dans les stratégies militaires.

Il y a des études universitaires qui font des scénarios de guerre nucléaire, par exemple une guerre limitée entre le Pakistan et l’Inde, et ces études montrent que les conséquences environnementales seraient évidemment catastrophiques, mais elles seraient aussi mondiales et elles perdureraient pour des décennies entières".

Il y a des armes nucléaires dans le monde entier. Quel rôle joue la Belgique dans tout ça ?

"Un rôle extrêmement délétère. La Belgique est membre de l’OTAN et, à ce titre, elle participe à la stratégie nucléaire de l’OTAN. Mais plus que ça, la Belgique abrite depuis 1963 une vingtaine d’armes nucléaires des États-Unis sur son sol en toute illégalité, puisque la Belgique n’est normalement pas censée le faire au regard du Traité de non-prolifération auquel la Belgique est partie. Et ces armes vont bientôt être remplacées, entre 2022 et 2024, par des bombes plus petites et plus facilement déployables".

Ces armes sont stockées à la base militaire de Kleine-Brogel, en Limbourg. Pourtant, vous l’avez dit, il existe un traité des Nations unies sur l’interdiction des armes nucléaires, qui est d’ailleurs entré en vigueur en janvier de cette année.

"En fait, il y a deux traités : le Traité de non-prolifération, qui date de 1970, et le Traité d’interdiction des armes nucléaires qui, comme vous l’avez dit, est entré en vigueur au début de l’année 2021. La Belgique est membre du Traité de non-prolifération, mais elle n’a pas accepté de signer le Traité d’interdiction. Malgré elle, ce traité est entré en vigueur, et donc, depuis le début de l’année, les armes nucléaires sont illégales au regard du droit international, comme l’étaient déjà toutes les autres armes de destruction massive".

Vous estimez donc que la Belgique ne respecte pas ses engagements ?

"Non seulement on l’estime, mais c’est avéré puisqu’il y a plusieurs articles dans le Traité de non-prolifération, auquel la Belgique est partie, qui obligent tous les États nucléaires à négocier un traité d’interdiction, ce qu’ils n’ont jamais fait. Les autres membres des Nations unies n’ont donc finalement pas attendu les puissances nucléaires pour faire ce traité".

L’armée belge est aussi partie prenante ?

"Oui, tout à fait. La Belgique ne fait pas que stationner, ce qui est déjà beaucoup, des armes nucléaires sur son territoire. Les pilotes belges de F-16 sont formés et entraînés pour transporter et larguer ces bombes nucléaires si jamais l’OTAN décidait de le faire.

C’est-à-dire que chaque année ou une fois tous les deux ans, la Belgique participe à des entraînements militaires dans lesquels elle transporte et fait semblant de larguer ses bombes nucléaires sur un théâtre d’intervention.

Et la Belgique est d’autant plus partie prenante de cette entreprise que le gouvernement Michel a décidé en 2018 d’acheter des F-35 pour remplacer les F-16, et le gouvernement actuel, avec la ministre de la Défense, madame Dedonder, a confirmé que les F-35 auraient également la capacité de transporter et de larguer les bombes nucléaires qui sont actuellement sur le territoire et celles qui vont arriver entre 2022 et 2024".

 

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