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"Bleu vallon", le label du blanc-bleu belge équitable promu auprès de l'horeca

"Bleu vallon", le label du blanc-bleu belge équitable promu auprès de l'horeca

Certains éleveurs belges de la race bovine blanc-bleu, qui respectent des critères équitables et qualitatifs, bénéficient désormais du label "bleu vallon", créé par l'ASBL Blanc-Bleu belge promotion et Fairecoop. L'objectif: promouvoir la qualité d'une viande locale et durable, auprès de l'horeca dans un premier temps.

L'idée a germé à partir d'un constat: "Notre race locale, la race blanc-bleu belge, n'est que trop peu présente à la carte des restaurants belges", lance d'emblée Didier Petry, président de l'association à l'origine du projet. Les éleveurs déplorent ainsi l'abondance de viandes étrangères - irlandaise, écossaise, argentine, brésilienne, américaine, notamment - proposées sur les menus. 

La race blanc-bleu, un temps décriée et dont les bêtes étaient soupçonnées d'être piquées aux hormones ou nourries aux farines animales, est en réalité une espèce qui ne présente, de par ses caractéristiques intrinsèques, que très peu de graisse et une musculature très développée. "Il faut lui rendre ses lettres de noblesse; pour moi, comme pour bien d'autres, c'est la meilleure viande du monde", s'exclame Didier Petry, soulignant sa tendreté, sa saveur et son caractère diététique. 

A l'heure où, dans le chef des consommateurs, le besoin de durabilité dans l'alimentation est renforcé par la crise sanitaire, le bleu vallon est "né de la volonté d'éleveurs engagés dans la défense de leur race".

"Ce BBB n'a rien à voir avec celui que l'on peut trouver en supermarché", note Dany Derval, le président de Belgiumeats qui commercialise le produit. "Nous avons fait venir des chefs dans nos cuisines: satisfécit total", fait-il remarquer, précisant l'intérêt marqué du chef étoilé Eric Fernez ("D'Eugénie à Emilie" et "La table du boucher"). "Le bleu-blanc belge n'avait jamais atteint à un tel niveau de qualité", avance-t-il.

Le cahier des charges imposé pour obtenir le label reprend en effet plusieurs exigences. L'animal doit être né, élevé, abattu et découpé en Belgique. Il doit être nourri en pâture, du printemps à l'automne, et pour le reste avec un maximum d'aliments locaux. Il est bien sûr certifié de la race blanc-bleu-belge. Seules les femelles âgées entre 48 et 84 mois, ayant vêlé au moins deux fois, sont éligibles au label. Et enfin, l'élevage doit avoir un caractère familial et durable tandis que les animaux doivent y être respectés.

"Un comité avalisera les candidats exploitants suivant ces critères, après discussion et visite en ferme", notent les concepteurs du projet.

"C'est une marque de plaidoyer basée sur l'équité pour tous: l'agriculteur, le consommateur, les animaux et la planète", a défendu Erwin Schöpges, président de Fairebel. Celui-ci a entamé sa démarche équitable en 2010 en créant une coopérative laitière qui rémunère ses éleveurs au juste prix.

Sur les 17.544 exploitations détenant des bovins en Belgique, 78% élèvent la race blanc-bleu. En 1980, le pays comptait près de 80.000 exploitations bovines. En valorisant le travail de ces éleveurs par le biais du label, Yves-Maire Desbruyères, membre de la filière viande, espère voir le nombre de reprises augmenter. Actuellement, la moyenne d'âge des éleveurs bovins est de 58 ans, souligne-t-il. Et la reprise potentielle est de moins de 15% en ferme d'élevage. "Il y a un manque de reconnaissance flagrant. Nous avons besoin du soutien des citoyens et du politique", dit-il à l'adresse du ministre wallon de l'Economie Willy Borsus, notamment présent ce vendredi à la présentation de presse.

"Je sens les éleveurs confiants dans ce qu'ils ont à offrir aux consommateurs, en mettant en avant le lien aux pâturages, qui est une part importante du territoire wallon avec ses 300.000 hectares, soit 42% de la surface agricole. Et cibler l'horeca est intelligent; c'est tout de même 14.000 établissements en Wallonie",  constate le ministre.

D'après les estimations, la consommation de viande de bœuf se fait pour 20% dans le circuit horeca. Toutefois, le "bleu vallon" est voué à également séduire les consommateurs particuliers qui pourraient en faire la demande auprès de leur boucher, après en avoir goûté dans un restaurant, espère encore Dany Derval.

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