RTBFPasser au contenu

Blake et Mortimer : Une Vie de bohème ou l’inaccessible étoile (Episode 2)

Une vie de bohème ou la quête de l’inaccessible étoile (1921-1942)

Episode 2 | Partition pour Blake & Mortimer ou Les Dix vies d’Edgar P. Jacobs

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

28 déc. 2021 à 06:302 min
Par Thierry Bellefroid

Edgar P. Jacobs a consacré la moitié de sa vie à faire de la bande dessinée, créant l’inoubliable univers de Blake & Mortimer, dont les aventures se poursuivent avec succès sous la plume de différents auteurs. Mais qu’a-t-il fait durant l’autre moitié de sa vie ? Il a poursuivi un rêve. Celui de monter sur les planches. Et ce rêve lui a fourni les outils qui allaient faire de lui un créateur unique dans l’histoire de la bande dessinée.

 

Après le choc fondateur de Faust, premier opéra que Jacobs découvre en 1917 au Théâtre des Galeries, à Bruxelles, le jeune garçon est obsédé par le spectacle vivant. Même si ses facilités en dessin le poussent à s’inscrire à l’Académie des Beaux-Arts et non au Conservatoire.

La Marque Jacobs, 2004 - Archives Sonuma

Son meilleur ami, rencontré sur les bancs de l’école, partage ces deux passions, celle de l’opéra et plus encore celle du dessin. Futur peintre, Jacques Van Melkebeke, s’inscrit d’ailleurs en compagnie de Jacobs aux Beaux-Arts. Au passage, il initie Edgard (son vrai prénom comporte un d au bout) à la lecture des grands auteurs anglo-saxons et bientôt, au cinéma expressionniste allemand. Dès les années 20, tous les outils sont là. Mais Jacobs n’a qu’une idée en tête, même après sa formation aux Beaux-Arts : être sur les planches ! Comme figurant, d’abord, puis comme artiste lyrique. Il chantera même aux côtés de Mistinguett ! Se découvrant une voix de baryton, il parvient, au tout début des années 30, à se faire engager à l’Opéra de Lille. Sa première vie commence.

La Marque Jacobs, 2004 - Archives Sonuma

Jacobs pense avoir trouvé sa vocation. Avant son entrée à Lille, il a survécu en alternant les engagements et des travaux de dessin en tout genre : publicité, retouche photographique, etc. Dès le moment où cet Opéra l’engage, il ne se consacre plus qu’au chant. Et réserve ses talents de dessinateur aux costumes, voire aux décors des opéras dans lesquels il joue. Mais ce moment de bonheur durera moins de dix ans. La crise provoque le licenciement des artistes étrangers. Le jeune Belge revient en Belgique et dans un premier temps, seul le dessin peut lui permettre de survivre. Jacobs dessine les catalogues de grands magasins.

 

Archives Sonuma

Survient la Seconde Guerre mondiale. Le jeune Edgard est mobilisé. Il fait la campagne des dix-huit jours au sein de l’armée belge, partant à pied jusque dans le Sud de la France, où il reste quelques semaines à attendre les ordres. Finalement, il bénéficie d’un congé et rentre avec quelques autres soldats, en zone occupée. Cherchant du travail, Jacobs parvient à se faire engager au magazine Bravo !, magazine pour enfants qui alterne bande dessinée et histoires illustrées.

 

© Tous droits réservés

Grâce à sa formation aux Beaux-Arts et à sa passion pour l’histoire et les costumes, Jacobs devient bientôt indispensable pour illustrer les contes du journal. Jusqu’à ce qu’un jour, on lui fasse une demande très particulière : celle de reprendre au pied levé les aventures de Flash Gordon, dont les planches américaines n’arrivent plus en Europe. Sans scénario, Jacobs se lance, à raison d’une page par semaine. Et met le doigt par hasard dans la bande dessinée. C’est donc en piratant un auteur et un univers déjà en place que l’un des futurs génie du 9e art fait son entrée en bande dessinée.

Sur le même sujet

15 mars 2022 à 09:00
3 min
24 févr. 2022 à 06:01
2 min

Articles recommandés pour vous