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Birmanie : selon la junte, les opposants birmans exécutés méritaient "plusieurs peines de mort"

De jeunes manifestants crient des slogans et tiennent des torches lors d’une manifestation anti-coup d’État à Yangon, au Myanmar, le 25 juillet 2022.

© Getty

26 juil. 2022 à 09:32Temps de lecture1 min
Par Belga édité par R.V.

Les quatre prisonniers exécutés, dont deux opposants de premier rang, méritaient "plusieurs peines de mort", a déclaré mardi un porte-parole de la junte birmane, qui a procédé aux premières exécutions en plus de trente ans, provoquant de nombreuses protestations de la communauté internationale.

"Si on compare leur peine avec d’autres cas de peine de mort, ils ont commis des crimes pour lesquels ils auraient dû être condamnés à mort plusieurs fois", a indiqué Zaw Min Tun, lors d’un briefing à la presse.

"Ils ont blessé des innocents de manière cruelle. Il y a eu trop de pertes qui ne peuvent pas être remplacées", a-t-il poursuivi.

"La peine de mort est prononcée par le tribunal après qu’il leur a été donné le droit de se défendre à chaque étape de la procédure judiciaire […]. Ils ont eu le droit de faire appel ainsi que de soumettre une lettre de pétition", a assuré Zaw Min Tun.

Il y a eu trop de pertes qui ne peuvent pas être remplacées

Extrait du JT du 25 juillet

Pionnier du rap

La Birmanie a procédé à l’exécution de quatre condamnés à mort, dont le pionnier du rap et ancien député du parti pro-démocratie d’Aung San Suu Kyi, Phyo Zeya Thaw, et de la figure d’opposition, Kyaw Min Yu, dit "Jimmy", sans préciser ni comment ni quand ces peines de mort ont été appliquées.

Selon le porte-parole, les attaques orchestrées par Phyo Zeya Thaw ont contribué à la mort de 21 personnes – neuf membres des forces de l’ordre et douze civils.

Depuis le coup d’Etat du 1er février 2021, des dizaines de personnes ont été condamnées à mort par des tribunaux dont la légitimité a été remise en cause par la communauté internationale, mais aucune exécution n’avait eu lieu.

Après l’annonce lundi des exécutions par un média d’Etat, l’ONU a condamné ces actions "cruelles et régressives", tout comme les Etats-Unis, la France et l’Asean.

Depuis sa prise de pouvoir, la junte birmane, régulièrement accusée d’atrocités, poursuit une répression sanglante contre ses opposants avec plus de 2000 civils tués et plus de 15.000 arrêtés depuis le coup d’Etat, selon une ONG locale.

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