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Birmanie : près de 100.000 manifestants à Rangoun, internet partiellement restauré

Près de 100.000 manifestants dans les rues de Rangoun.

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07 févr. 2021 à 10:24Temps de lecture1 min
Par AFP

Des dizaines de milliers de Birmans manifestaient ce dimanche à Rangoun contre le coup d’Etat qui a renversé Aung San Suu Kyi, le plus important rassemblement depuis le soulèvement populaire de 2007, tandis que les connexions internet ont été partiellement restaurées.

Les manifestants, quelque 100.000 selon diverses estimations, étaient réunis près de l’hôtel de ville de la capitale économique, où des policiers anti-émeutes ont été déployés en nombre. Aucun affrontement n’a été rapporté.

D’autres rassemblements, qui drainaient également des foules très importantes, se tenaient dans plusieurs villes du pays, selon des journalistes de l’AFP.

Il s’agit des plus grosses manifestations depuis "la révolution de safran" de 2007, au cours de laquelle des dizaines de personnes avaient été tuées par les militaires.

"Nous ne voulons pas de la dictature ! Nous voulons la démocratie", scandaient les contestataires, ce dimanche à Rangoun, sous un concert de klaxons.

Appels à la libération d’Aung San Suu Kyi

Certains tendaient des roses aux policiers, d’autres brandissaient des pancartes : "libérez Mother Suu", en référence à Aung San Suu Kyi. Non loin de là, des protestataires agitaient des drapeaux aux couleurs de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et faisaient le salut à trois doigts, en signe de résistance.

Samedi, des dizaines de milliers de personnes avaient déjà manifesté dans plusieurs villes pour condamner le putsch qui a mis un terme à une fragile transition démocratique de dix ans. Les militaires ont instauré l’état d’urgence pour un an, arrêté Suu Kyi, cheffe de facto du gouvernement civil, et d’autres responsables de la LND.

Les généraux n’ont fait aucun commentaire sur ces rassemblements. Les connexions internet ont été partiellement restaurées dimanche dans l’après-midi après avoir été perturbées pendant plusieurs jours, a fait savoir l’ONG spécialisée Netblocks. L’armée avait ordonné ces derniers jours aux fournisseurs d’accès de bloquer Facebook, outil de communication pour des milliers de Birmans, et d’autres réseaux sociaux comme Twitter ou Instagram.

Journal télévisé du 7/02/2021