RTBFPasser au contenu

5@7

Bilan de la campagne "40 jours sans viande": peu d'impact en Wallonie

Bilan de la campagne "40 jours sans viande": peu d'impact en Wallonie
13 avr. 2017 à 15:51 - mise à jour 13 avr. 2017 à 15:513 min
Par sebo

Alors que la campagne 40 jours sans viande touche à sa fin, l'heure est au bilan. Et au sud du pays, on ne peut pas dire qu'elle ait fait de grandes vagues. Tant de l'avis des bouchers que des grandes surfaces et des éleveurs, l'impact aura été limité.

Du côté des boucheries, 71% des professionnels estiment que le nombre de clients est resté stable, voire a même augmenté, depuis le 1er mars, date marquant le début de la campagne "Jours sans viande". D'après le Syndicat neutre pour Indépendants (SNI), qui a questionné 337 bouchers, ces derniers n'ont pas été affectés par la campagne car "ils ont considérablement élargi leur assortiment ces dernières années" et la baisse, très limitée, de vente de viande a dès lors été compensée par la vente d'autres produits.

Le son de cloche est sensiblement le même du côté des grandes surfaces. "En Flandre, on a assisté à une baisse des ventes comparable à celle des années précédentes", précise Baptiste Van Outryve de chez Carrefour.

"En Wallonie, par contre, il y avait nettement moins de participants" et compte tenu de la stratégie commerciale de la chaîne de supermarchés "qui tend déjà à inciter à une consommation modérée et équilibrée", il n'y a pas eu d'impact sur les ventes de viande. Les clients de Delhaize n'ont pas non plus abandonné leurs steaks ces dernières semaines.

"On ne voit pas vraiment d'impact sur la viande", mais "les produits végétariens fonctionnent par contre très bien", souligne le porte-parole du groupe Roel Dekelver. "Tant au nord qu'au sud du pays, les ventes de la gamme végétarienne ont augmenté de 10 à 15%" pendant la campagne, avec un pic lors de la première semaine.

Du côté de la Fédération wallonne de l'Agriculture (FWA), on garde un goût plutôt amer des "Jours sans viande", même si on reconnaît qu'ils ont eu "très peu d'impacts" concrets. Reste que ce qui a été pris comme une énième attaque contre un secteur déjà en difficulté passe mal. "C'est toujours ennuyeux pour les éleveurs de devoir se défendre", avance Anne Pétré de la FWA. Car si les éleveurs n'ont finalement pas tant souffert de la campagne que ce qui était craint, c'est probablement grâce à la contre-campagne "40 jours pour soutenir nos agriculteurs", qui démontait un par un tous les arguments avancés par "40 jours sans viande" et les replaçait dans le contexte de l'agriculture wallonne.

Les "Jours sans viande" existent en Flandre depuis 2011 et convainquent annuellement une centaine de milliers de personnes. Lancés cette année en Wallonie et à Bruxelles, ils ont peiné à séduire les francophones, qui n'étaient que 3000 à s'inscrire.

Cédric Hanet, bénévole pour la campagne "Jours Sans Viande": "On est content de cette sixième édition en Flandre effectivement. Du côté de la Wallonie, on a lancé la campagne modestement  et on est content de cette première édition. 4000 personnes y ont participé. Lors du lancement de la première campagne en Flandre, on avait atteint le même nombre de personnes donc c'est normal, c'est le début, il faut de la patience. Regardez en Flandre, six ans après, on a atteint les 114 000 participants."

Et les bénévoles sont satisfaits que les médias relatent les résultats bien qu'ils soient moyens: "Ça crée un débat dans les médias, c'est positif d'en parler. Les gens peuvent commencer à y réfléchir et ça c'est un premier pas. On a fait ça parce que plusieurs organisations actives en Belgique nous avait demandé de traduire la campagne en français et d'en faire une campagne francophone et on est fiers d'être belges donc on partage les idées."

Enfin, Cédric Hanet nous rappelle le but de la campagne: "Le but est de manger moins de viande et de poissons pendant 40 jours pour des raisons écologiques car ça a un impact important sur l'environnement. On veut que les gens aient une prise de conscience et découvrent de nouvelles idées culinaires. On peut aussi participer en groupe avec son entreprise, son école, son club de sport; ça rend le challenge amusant!"

Prêt à réitérer l'expérience, Cédric Hanet espère que cette fois "on dépassera le nombre de participants wallons!"

Article original à retrouver ici.

Articles recommandés pour vous