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Big Data: des données plus intelligentes pour mieux cibler le client

Quand le big data peut désigner le client potentiel d’un produit
05 avr. 2014 à 09:10 - mise à jour 05 avr. 2014 à 09:12Temps de lecture3 min
Par Jean-Claude Verset

La nouveauté, avec le Big Data est que les données deviennent maintenant "actionnables". Une expression de marketing qui signifie que les datas peuvent amener les gens à faire une chose précise. Comme s’abonner à un site, participer à un jeu ou acheter un produit.

Pour vendre un produit sur internet, il faudra de moins en moins cibler une grosse masse d’internautes. On réunira au contraire de nombreuses données sur un individu pour créer un profil précis et lui proposer le produit qu’il a toutes les raisons d’acheter.

Ce n’est pas une science exacte, mais ça fonctionne. Les spécialiste du big data à usage commercial sont unanimes pour dire qu’à condition de bien exploiter les données, il est possible de savoir absolument tout sur les individus. La loi interdit d’y associer des noms, mais les "profils" créés peuvent se révéler particulièrement précis.

Le Graal des chasseurs de données

Le but du big data est de parvenir à créer une seule identité sur base des toutes les informations accessibles sur un individu, depuis les réseaux sociaux, les messageries et jusqu’aux annuaires téléphoniques traditionnels. On appelle cela le "One ID" qui permettrait de regrouper un maximum de comptes (gmail, facebook, linkedin, Yahoo…) sur une même personne. Si cette personne aime la politique et compte 500 amis, c’est probablement un leader d’opinion. Si les data parviennent à établir ces dates et lieux de naissance et son niveau social (grâce à son adresse et à la marque de sa voiture), les spécialistes du big data approchent ce qu’ils nomment le "coefficient parfait" qui permet de pratiquement déterminer un comportement. Ce peut être un achat, mais aussi emporter l’adhésion à l’égard d’une marque de chaussures ou, pourquoi pas, d’un parti.

Ajouter la dimension du temps réel

Le big data peut encore être optimisé par "geo-targeting" via a géolocalisation du GPS. Cette localisation ajoute la dimension du temps réel. Le défi est alors de capturer de l’info, tout en détectant une opportunité d’achat. Etablir qu’à tel moment et à tel endroit (devant un magasin de mode par exemple), telle personne sera le candidat idéal pour acheter un produit déterminé. Un SMS expédié au passant l’invitera à essayer un pull en bénéficiant d’une réduction de 10%.

En France une entreprise a présenté dans ses bureaux une sorte de magasin-témoin de ce que permet le Big Data. Lorsqu’un client est identifié par la vitrine de ce magasin, un écran à reconnaissance faciale lui propose une offre personnalisée. Et Une fois dans le point de vente, son parcours dans les rayons est analysé pour voir dans quels rayons il s’arrête.

Et ça marche : des spécialistes du secteur assurent que l’efficacité est déjà 2 à 3 fois plus grande que pour des campagnes publicitaires classiques. Aujourd’hui, il serait possible d’obtenir les mêmes résultats avec 10 000 mails bien ciblés qu’avec un millions de messages standard.

Quand le big data crée de l’emploi

Le big data ne peut se réduire à son aspect marketing invasif. Il offre également la perspective de nouveaux métiers. C’est ce qu’on appelle les "Data scientists", des analystes qui utilisent les données pour affiner des prises de décision. Toutes les entreprises, toutes les institutions et les pouvoirs publics passent au Big data qui est la porte ouverte sur un autre concept: la Business intelligence.

Si le sujet vous intéresse un événement baptisé "Big Data Week Wallonia" se déroulera du 5 au 11 mai 2014. Il s’agit de la troisième édition de la Big Data Week, un événement annuel organisé depuis Londres, avec des conférences, des ateliers et des démonstrations sur le big data. Pour la première fois, la Belgique y participe avec la "bigdataweek/wallonia" Des villes wallonnes, des entreprises, des universités belges et des associations culturelles participent. Et aussi le Mundaneum, qui abrite ce que l’on nomme "l’internet de papier"

Jean-Claude Verset

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