Cinéma

BIFFF : une 40e édition festive

"Vesper"

© BIFFF

16 sept. 2022 à 14:00Temps de lecture3 min
Par Liam Debruel

Le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles fêtait son 40e anniversaire, l’occasion de mettre les petits plats dans les grands.

C’était un retour attendu pour les amateurs de cinéma de genre. En effet, après une édition 2020 annulée et une 2021 uniquement en virtuel, le BIFFF revenait pour la quarantième fois, cette fois-ci en présentiel. Ce fut l’occasion d’offrir un accueil généreux aux spectateurs, notamment dans sa programmation ou son changement de lieux. Présent au Bozar depuis quelques années, le festival a déménagé au Palais 10 du Heysel afin d’offrir plus de place, que ce soit au niveau des salles de cinéma ou encore du bar, des magasins, expositions et autres food-trucks. Du côté des invités, les réalisateurs John McTiernan (“Predator”), Barry Sonnenfeld (“La famille Addams”), Paul Feig (“Mes meilleures amies”), Ryuhei Kitamure (“Midnight Meat Train”) et Dick Maas (“L’ascenseur”) ont été honorés du statut de chevalier de l’Ordre du Corbeau tout en présentant pour les deux premiers des masterclass.

"Summer scars"
"Summer scars" © BIFFF

Plusieurs titres récompensés

Concernant la sélection, la promesse d’une gamme assez variée de titres allant dans des genres comme la science-fiction, le polar ou encore l’horreur a été clairement respectée, avec notamment quelques pépites. Ce fut “Vesper”, le film d’ouverture, qui fut récompensé du Corbeau d’or pour le jury international. Ce dernier a également remis un Corbeau d’argent à “Virus 32” ainsi qu’à l’atmosphérique et bouleversant “Summer Scars” (ou “Nos cérémonies” dans son titre original français. Il est à noter que le jury a également accordé une mention à “Studio 666”, où les Foo Fighters se retrouvent à affronter une entité particulièrement violente. Le public a de son côté remis son prix à “Mad Heidi”, film de “Swissploitation” en première mondiale au festival mais au résultat un peu pataud dans son humour. Concernant le jury de la critique, ce dernier a privilégié l’espagnol “Piggy”, où une jeune femme victime de harcèlement voit ses tortionnaires être kidnappées par un tueur en série. Le long-métrage, adaptation en format long d’un court-métrage déjà célébré, profite d’une ambiance sèche et d’une actrice principale, Laura Galán, particulièrement douée. Le jury a également remis une mention à “Huesera”, drame mexico-péruvien sur une femme affectée par sa maternité. On notera dans les autres titres récompensés “Life of Mariko in Kabukicho “par le jury White Raven avec une mention pour le sympathique “Redemption of a rogue”, “Kappei” par le jury Emerging Raven avec une mention pour “Zalava”, “Nightride” par le jury Black Raven avec une mention pour le polar brutal “Limbo” et enfin “Moloch” par le jury européen.

"Saloum"
"Saloum" © BIFFF

Des titres en tous genres

Néanmoins, de nombreux autres titres présents méritaient l’attention. Outre “Dual” et “Le visiteur du futur” déjà abordés ici (avec notamment un entretien de l’équipe pour ce dernier), les films proposés cette année ont su garder un regard international sur le cinéma de genre, comme avec “Saloum”. Ce thriller franco sénégalais dérivant en moitié de film a beau avoir quelques soucis au niveau de certains effets, il n’en reste pas moins un titre particulièrement prenant notamment par le charisme de ses acteurs ou sa narration des plus passionnantes. Moyens très limités aussi pour le belge “Gravidam” mais toujours cette même envie de marquer le spectateur, ici par un récit de couple plongeant dans la noirceur suite à une fausse couche. Le sud-coréen “Special Delivery” se dirige de son côté vers de l’action grand public, dans la lignée d’un “Baby driver” avec un récit classique mais hautement divertissant porté par l’actrice Park So-dam, vue dans “Parasite”. Tandis que le danois “The last client” joue la carte du thriller solide et par moments surprenant, “Freaks out” se dirige vers plusieurs tons à la fois, mélangeant fantastique poésie et film de guerre brutal avec un équilibre enivrant. Le film d’animation japonais “Inu-Oh” surprend par son ambiance musicale anachronique mais permettant d’aborder le rapport à l’histoire et sa transmission par le biais artistique, renforçant l’intérêt dans la carrière de son réalisateur Masaaki Yuasa, déjà derrière le très touchant “Ride your wave”. La clôture avec "Fall", où deux amies se retrouvent coincées sur une tour à plus de 600 mètres de hauteur. Si le film même est un peu vain, ses mécaniques narratives amenant beaucoup de moments prévisibles, certaines idées de mise en scène jouant sur le vertige fonctionnent et le public a su animer chaleureusement la séance. De quoi raviver le plaisir de découvrir un film au BIFFF, en attendant la prochaine édition dans moins de 7 mois déjà…

Merci à l'équipe du BIFFF.

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