Cinéma

BIFFF : “Le Visiteur du Futur” fait le saut vers le grand écran

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31 août 2022 à 07:05Temps de lecture2 min
Par Adrien Corbeel

Suite et adaptation de la célèbre websérie française, “Le Visiteur du futur” de François Descraques s’invite au BIFFF avant de sortir en salles.

Lancée en 2009, la websérie “Le Visiteur du Futur” a marqué en son temps les sphères humoristiques francophones avec des gags aux clins d’œil appuyés et de courts récits de science-fiction plutôt potaches. Ils étaient nombreux à suivre les aventures de plus en plus élaborées du fameux visiteur du futur, tout droit venu de 2555 pour empêcher une série d’événements désastreux de se produire. Reste qu’on n’en est pas moins surpris de voir apparaître, 8 ans après la dernière saison, une adaptation et suite au cinéma.

Soyez rassuré, il n’est pas nécessaire d’avoir vu les épisodes de la websérie pour comprendre ce qui se passe dans le film. Mieux vaut par contre ne pas être réfractaire à son humour. "Le Visiteur du Futur" version 2022, joue pleinement sur ce qui avait fait son succès sur internet : des répliques chargées d’autodérision, un jeu d’acteur qui flirte avec la parodie et un rapport très ludique à la science-fiction. Le film s’adresse principalement à un public qui a été biberonné sur YouTube avec des comédiens comme McFly & Carlito, Ludovik, Kyan Khojandi ou Monsieur Poulpe.

Au centre de l’intrigue, un père (Arnaud Ducret) et sa fille (Enya Baroux). Le premier, politicien local, veut faire construire une centrale nucléaire, la seconde l’en empêcher. Elle a parfaitement raison : quelques siècles plus tard, la dévastation du monde n’en est que plus grande à cause de l’explosion de la centrale, comme leur montre le fameux visiteur du futur, désormais chef improbable de la rébellion contre la brigade temporelle. Là où leurs luttes divergent, c’est qu’il entend se débarrasser du père pour éviter la catastrophe, tandis que la fille préférait convaincre son paternel plutôt que le tuer. C’est louable, même si la survie de l’espèce humaine est en jeu.

Avec cette intrigue riche en paradoxes temporels, "Le Visiteur du Futur" nous entraîne dans les couloirs du temps, d’un présent anxieux à un futur apocalyptique où la mode et les mœurs sont vivement inspirées par les Mad Max. On devine l’influence d’un bon nombre de films de science-fiction dans la comédie de François Descraques qui, fort d’un budget plus conséquent que la websérie, exhibe de multiples décors et effets spéciaux… On n’arrive cependant pas à croire à ce Paris futuriste assez artificiel, qui manque tout de même de moyens. Mais est-ce l’objectif ?

Entre les enjeux sérieux d’un film de science-fiction apocalyptique et l’autodérision qui caractérise l’univers du "Visiteur du Futur", le cœur du film n’a de cesse de balancer. C’est l’humour qui triomphe généralement, tandis que les tentatives de jouer dans le registre dramatique, que ce soit la relation entre la fille et le père, les enjeux écologiques ou simplement les différents éléments de suspense, échouent pour la plupart. La faute peut-être à une écriture, une mise en scène et des interprètes qui ne semblent pas tout à fait y croire non plus. L’ensemble peut tout de même se regarder avec un certain plaisir (surtout si on adhère à son sens comique), mais serait sans doute plus savoureux à petites doses, plutôt que sous la forme poussive d’un long-métrage d’1h40.
 

"Le Visiteur du Futur" est à découvrir le 31 août au BIFFF et le 7 septembre dans les salles de cinéma.

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