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Coronavirus

Bientôt une quatrième dose de vaccin anti-covid : voici les propositions sur la table pour les personnes âgées

14 avr. 2022 à 07:00 - mise à jour 14 avr. 2022 à 13:21Temps de lecture3 min
Par Ambroise Carton sur la base d'une interview menée par Elisabeth Groutars

Sabine Stordeur, coresponsable de la task force vaccination, était ce jeudi l’invitée de Matin Première. L’occasion de faire le point sur la quatrième dose de vaccin contre le Covid-19, en particulier pour les plus âgés. La task force vaccination a en effet reçu ce mercredi les conclusions du Conseil supérieur de la santé concernant cette quatrième dose.

Les membres de la taskforce se sont ensuite réunis dans la soirée pour en discuter et préparer un avis qu'ils remettront aux politiques la semaine prochaine. Et ce en vue de la conférence interministérielle de ce mercredi 20 avril.

A partir de quand cette quatrième dose devrait-elle être accessible aux personnes âgées à risque et au reste de la population ? "Nous avions déjà établi plusieurs scénarios et le scénario de préférence visait surtout l’administration de la quatrième dose au début de l’automne ou en fait à la fin de l’été", répond Sabine Stordeur.

Elle précise : "Il est vrai que la situation épidémiologique est très favorable pour l’instant et nous n’avons pas de perspective de surcharge du milieu hospitalier ni des services de soins intensifs. Néanmoins, nous constatons quand même que les personnes qui sont hospitalisées sont en majorité des personnes très âgées qui souffrent de comorbidités."

Une quatrième dose pour les plus âgés avant l’été

Dans ce contexte, "le Conseil supérieur de la santé, tenant compte de l’ensemble de ces facteurs, a recommandé de ne pas administrer de manière systématique une quatrième dose aux personnes très âgées de 80 ans et plus avant l’été. Mais bien de le faire sur une base individuelle, en fonction justement de la fragilité de certaines personnes ou du poids de certaines comorbidités". Cette proposition sera soumise à la Conférence interministérielle (CIM) Santé publique mercredi prochain. C'est la CIM qui prendra la décision finale.

"C’est le critère d’âge qui a été retenu, résume la coresponsable de la task force vaccination. Donc pour toutes les personnes qui sont âgées d’au moins 80 ans si, après discussion avec leur médecin traitant, elles estiment qu’il serait préférable pour elles de recevoir une quatrième dose avant l’été, à ce moment-là, elles pourront se présenter dans un centre de vaccination."

Et dans les maisons de repos ?

Le schéma est presque le même pour les personnes vivant en maison de repos : "Il n’y aura pas d’administration systématique à tous les résidents de maisons de repos. Mais dans ce cas-là, il n’y aura pas de critère d’âge minimal. C’est-à-dire que puisque les personnes vivent en collectivité, souvent il s’agit de personnes plus fragiles et après discussion avec leur médecin ou bien sur une base individuelle, elles pourraient demander à recevoir une quatrième dose avant l’été."

En pratique, la campagne devrait commencer idéalement vers la moitié du mois de mai. "Lorsque l’on administre une dose de vaccin, il faut en moyenne 10 à 15 jours pour que les anticorps remontent de manière significative, ce qui fait que la protection immunitaire serait parfaitement reboostée au mois de juin", complète Sabine Stordeur.

Pourquoi pas avant 80 ans à ce stade ?

Comment expliquer que la Belgique vise les 80 ans et plus alors qu’en France on administre la quatrième dose à partir de 60 ans ? Selon la coresponsable de la task force, "chaque pays a adopté un critère d’âge en fonction de sa situation épidémiologique propre. En Belgique, les données de Sciensano montrent que les hospitalisations concernent majoritairement des personnes qui dépassent largement 75 ans et qui ont en moyenne deux comorbidités. Donc, il n’était pas nécessaire pour nous d’envisager d’administrer une quatrième dose à un groupe plus jeune. Mais bien entendu, nous allons continuer à suivre cette situation épidémiologique sur une base mensuelle. Et il est possible de réviser ses recommandations, même encore avant l’été."

Quant aux soignants ou aux personnes plus jeunes qui souffrent de comorbidités, "il n’y a aucun indicateur, aucun signal d’alarme, que ces personnes soient particulièrement à risque. Nous avions donc envisagé, dans notre scénario préférentiel, d’ouvrir la vaccination à ces groupes à la fin de l’été, donc avant une possible vague épidémique en automne".

Le point sur la situation épidémiologique

En cette mi-avril "la situation épidémiologique reste suffisamment favorable pour ne pas être plus sévère dans les restrictions". Mais Sabine Stordeur rappelle que le port du masque reste "une bonne mesure", notamment pour "les personnes les plus fragiles, quand il y a une densité de population ou une mauvaise aération des locaux".

Enfin, elle insiste pour "augmenter encore la couverture vaccinale de troisième dose [qui] reste encore un argument fort pour maintenir cette situation favorable dans laquelle on est à l’heure actuelle".

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