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Beyrouth, l’écrin du design – au CID au Grand-Hornu.

Marc Baroud, coiffeuse de la série Leatherscapes, 2016
25 avr. 2022 à 09:242 min
Par RTBF Culture - partenariat

L’exposition consacrée au design libanais a ouvert ses portes le 24 avril, au CID au Grand-Hornu. Une concentration unique de créations qui nous plonge dans un pays au passé meurtri et pourtant sans cesse tourné vers l‘avenir.

 

"Beyrouth. Les temps du design" a pour but de saisir les lignes dynamiques qui ont permis au design de se développer au Liban. Malgré la guerre civile des années 1970-1980, malgré les problèmes politiques, économiques et sociaux, ou encore malgré l’explosion du 4 août 2021 au port de Beyrouth, le design libanais n’a cessé de se (re) construire, de réfléchir, de produire. Le Liban, un petit pays du Proche-Orient mais à l’écho artistique mondial.

Georges Mohasseb – Bee Collection (chair) – 2015
Georges Mohasseb – Bee Collection (chair) – 2015 © Studio Manda

Le design n’échappe pas à l’effervescence créatrice libanaise. C’est ce qui a attisé la curiosité de Marco Constantini, codirecteur du Mudac à Lausanne et commissaire de l’exposition au CID. Depuis quatre ans, il élabore cette exposition qui accueillera quelque deux cents pièces d’une vingtaine d’artistes libanais. "Beyrouth. Les temps du design" se structure en trois ensembles. Le premier sur les prémices de la discipline au Liban entre les années 1950 et 1970, le second sur les années 2000 à aujourd’hui et enfin, un troisième consacré au projet Minjara et à sa philosophie.

SpockDesign – Look Back – 2014
SpockDesign – Look Back – 2014 © Marco Pinarelli

Le design débarque au Liban en 1947 lorsque le décorateur français Jean Royère ouvre un atelier et une agence à Beyrouth. Prisé par la haute société libanaise, son succès le porte à aménager de nombreux palaces. Si la guerre a conduit à la destruction de certains, des photos et plans seront visibles au sein de l’exposition, de même que la production industrielle de meubles en bois courbé d’Interdesign, conçus dans les années 60, par l’architecte moderniste Khalil Khoury. Une guerre qui stoppe toute activité jusqu’à ce qu’une nouvelle génération de Libanais de la diaspora fasse son retour au pays à la fin des années 90. D’ailleurs, c’est à partir des années 2000 que l’on peut parler de "design libanais" avec, entre autres, Karen Chekerdjian qui a étudié en Italie, Nada Debs qui a développé son art au Japon, Karim Chaya aux États-Unis ou encore Marc Baroud en France. Des mécanismes de pensée américains ou occidentaux tout en permettant au Liban de garder sa richesse, sa culture, son Histoire.

 

L’exposition "Beyrouth. Les temps du design" est signée Ghaith&Jad pour la scénographie. Elle est aussi la première du genre accompagnée d’une publication, se penchant, elle aussi, sur les différents aspects de cette scène libanaise en pleine émergence.

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