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Benoît Muylkens, virologue à l’UNamur : "Avec Omicron, je redoute une certaine paralysie de la société"

Benoît Muylkens, virologue à l’UNamur : "Avec Omicron, je redoute une certaine paralysie de la société"
10 janv. 2022 à 22:103 min
Par Hugues Angot

Près de 20.000 contaminations par jour. La vague Omicron continue de progresser en Belgique. La tendance au doublement des cas chaque semaine semble toutefois ralentir un peu, dans la mesure où l’on observe actuellement une augmentation de 84% sur 7 jours. Soulignons tout de même que le nombre réel de contaminations reste probablement largement sous-évalué, puisque le taux de positivité continue à augmenter : il dépasse désormais 25%, malgré un nombre de tests qui continue à augmenter lui aussi.

Par contre, du côté des admissions dans les hôpitaux, la hausse reste plus modérée (+22%), et semble également ralentir un peu. Et surtout, la situation aux soins intensifs continue à s’améliorer, malgré cette vague de contaminations : 442 patients Covid, c’est-à-dire 15% de moins que la semaine précédente.

Pour analyser la situation sanitaire, QR l’actu a reçu Anne Tilmanne, infectiologue pédiatre au CHU Tivoli, et Benoît Muylkens, virologue à l’Unamur.

Assouplissements risqués ?

Nos autorités ont décidé d’alléger les règles de testing et de quarantaine alors qu’Omicron progresse de manière spectaculaire. Faut-il redouter ces assouplissements ? Pour Anne Tilmanne, ces mesures allégées sont proportionnées à la situation : "D’un côté, nous avons les chiffres de ces derniers jours qui sont plutôt rassurants, et puis de l’autre, nous avons Omicron et nous ne sommes pas encore au pic des contaminations. Nous savons que ce variant est moins virulent mais bien plus contagieux et des infections en masse pourraient mettre à mal notre système de soins de santé."

Si Omicron est en Belgique depuis la fin novembre, la vague des contaminations qui y est liée a commencé seulement depuis une semaine, précise Benoît Muylkens. "Nous ferons sans soute face, dans les prochaines semaines, à des dizaines voire des centaines de milliers de cas, et nous ne pouvons pas prédire le nombre de personnes qui devront être hospitalisées. Nous n’avons pas non plus de vue précise sur le nombre de personnes actives qui ne pourront plus travailler. Il n’y a pas que le travail au chevet du patient, il y a aussi l’impact éventuel sur l’ensemble de notre société. Il se peut que la situation soit assez compliquée dans les semaines à venir."

Explosion d’Omicron ?

Le virologue ne redoute cependant pas le chaos. "Il faut faire confiance au citoyen qui sait comment agir et qui a intégré les mesures sanitaires dans ses habitudes. En outre, une partie importante de la population est également vaccinée. Bref, tout ceci me faire dire que la situation ne devrait pas être chaotique dans les semaines à venir."

Quid des écoles ?

Avec la reprise de l’école en présentiel avec des mesures sanitaires allégées, doit-on craindre une recrudescence de cas dans les semaines à venir ? Pour l’infectiologue pédiatre Anne Tilmanne, l’important est d’apporter une réponse proportionnée : "Au vu de ce qui s’est passé ces dernières semaines, on peut alléger quelque peu, mais comme la vague d’Omicron arrive, il faut le faire avec prudence et de manière progressive. On pourra toujours faire demi-tour si l’on constate que ces mesures ne sont pas suffisantes, ou, à l’inverse, se permettre d’alléger encore un peu plus si la situation est favorable."

Le virus en 2022 ?

Pour Benoît Muylkens, il ne faut pas s’attendre à un miracle pour cette année : "L’épidémie va se poursuivre. Le virus ne va pas disparaître. Par contre, autant ce virus nous a réservé de très mauvaises surprises depuis un an et demi, autant nous avons un réel espoir avec le variant Omicron. Les observations dans différents pays nous laissent penser que ce variant est moins agressif. Nous espérons les variants suivants seront eux aussi moins dangereux. Il n’empêche, ce que je crains le plus, c’est le niveau de paralysie de la société en général plutôt que le nombre de patients en soins intensifs".

QR l'actu

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