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Le 8/9

Benjamin Castaldi rend hommage à sa grand-mère Simone Signoret et son idylle avec Yves Montand

Benjamin Castaldi pour "Je vous ai tant aimés"

Le 8/9

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10 mai 2021 à 08:364 min
Par François Saint-Amand

Benjamin Castaldi était l’invité du 8/9 pour évoquer son livre Je vous ai tant aimés qui retrace l’histoire du couple Simone Signoret-Yves Montand, au plus profond de leur intimité familiale.

À l’occasion du centenaire de la naissance de Simone Signoret et d’Yves Montand, Benjamin Castaldi rend, à la fois hommage à deux artistes mais aussi à… sa grand-mère et sa famille.

Dans ce livre, Benjamin Castaldi dresse l’extraordinaire récit d’amour d’un des couples les plus mythiques du cinéma français.

Il y raconte aussi l’histoire de la gauche, du communisme et finalement, de toute une époque, celle du 20ème siècle : depuis l’Occupation jusqu’à la chute du mur de Berlin.

Une histoire d’un couple mythique

Je vous ai tant aimés apporte en particulier un regard nouveau sur les deux acteurs puisqu’il offre un regard différent : celui d’un petit-fils sur ce couple mythique du cinéma français.

"Il y avait un besoin de les réunir tous les deux" explique Benjamin Castaldi. "Je me suis rendu compte que ma grand-mère avait sa biographie, Montand aussi. Il y a des gens qui ont écrit sur les uns et sur les autres mais personne ne les avait encore réunis ensemble. Je pense qu’aujourd’hui, pour qu’ils restent avec nous, il faut faire de ce couple une entité unique".


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L’animateur et chroniqueur télé aborde par exemple de nombreuses discussions privées avec sa grand-mère et celui qui était 'presque' son grand-père, comme les débats sur le travail ou l’école, à tel point qu’aujourd’hui encore, il pense à eux sans cesse. "Cela m’amuse beaucoup d’essayer de les ramener avec moi dans ce siècle parce qu’on est un peu à l’ère où tout le monde a un avis sur tout rapidement avec tous les réseaux sociaux. Et je me dis qu’eux auraient détesté cette période car cela manque un peu de réflexion globalement".

AFP

Deux caractères bien trempés

Le livre fourmille aussi d’anecdotes dévoilant le caractère fort et intrépide de Simone Signoret et Yves Montand.

Lors d’un dîner avec Nikita Khrouchtchev au Kremlin, l’actrice française se dresse face à ce dernier, devenu premier secrétaire du Parti communiste de l’URSS depuis le décès de Staline en 1953. "Ils ont pu tout dire ce qu’ils avaient ressenti lors de ce voyage et ils avaient surtout compris que l’image qu’ils avaient des Russes n’était pas du tout celle qu’ils avaient retrouvée sur le terrain. Il y a donc ce dîner historique avec cette fin réelle quand ma grand-mère a dit : 'Buvons à la Pravda'. Khrouchtchev a répondu : 'Oui bonne idée'. Et ma grand-mère a ajouté : 'Mais la Pravda, la vérité, la vraie' (NDLR : Pravda signifie 'vérité' en russe mais était aussi le nom du journal officiel et organe de propagande du Parti communiste)" révèle ainsi Benjamin Castaldi.

L’animateur évoque aussi le lien qui l’unissait à Yves Montand, qui s’est marié en 1951 avec sa grand-mère. "Pour un homme qui s’est fait tout seul et tout ce qu’il a connu, je ne pense pas que le lien du sang soit ce qu’il y a de plus important pour lui" avance-t-il. "Un jour il m’a donné un peu d’argent en disant : 'Je ne te le donne pas parce que tu es mon petit-fils mais parce que j’ai envie de te le donner'. Puis il s’est énervé en disant que je n’étais pas son petit-fils ce qui m’a fait beaucoup de peine mais aujourd’hui, je comprends ce qu’il voulait dire. Après, il m’a fait une dédicace 'À mon petit-fils d’amour chéri que j’aime, ne le dis à personne'".

AFP

Un plongeon dans l’intimité familiale

Benjamin Castaldi dévoile aussi d’autres moments intimes, tant ceux que le couple a partagés que ceux qu’il a vécus à leurs côtés.

"L’œuvre dont ma grand-mère est la plus fière c’est son dernier roman Adieu Volodia qu’elle a terminé quelques mois avant de mourir. Comme elle en était très fière, je pense qu’elle voulait être certaine que je lise son livre. Elle m’avait proposé de le lire à table à la fin de chaque repas pour 1h30 de lecture. […] Quand elle est morte, je n’avais pas terminé le bouquin et je suis allé deux trois fois devant la tombe pour lire des passages" dévoile-t-il.

Plus réjouissant, l’animateur et chroniqueur télé français révèle dans son livre la rencontre entre l’actrice et la star montante de la chanson française de l’époque, en 1949 à l’Hôtel La Colombe d’Or à Saint-Paul de Vence. Yves Montand craque sur… les poignets de Simone Signoret. "Tout ce dialogue du début du livre, c’est une reconstitution fidèle de ce qu’ils se sont vraiment dit. On a retrouvé des bribes de dialogue, et c’est vrai que quand Montand arrive à la Colombe d’Or et voit ma grand-mère, il a trouvé cette façon de lui faire un compliment. Plutôt que de lui dire : 'Vous êtes très belle', il a dit : 'Vous avez des attaches très fines'. Et ma grand-mère y va cash car elle propose carrément d’aller faire une petite sieste chez elle. C’est une rencontre assez directe".

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Douter sans cesse

Trait de caractère commun que partage Benjamin Castaldi avec sa grand-mère et son grand-père par alliance, le manque de confiance.

L’animateur de 51 ans a toujours été plongé dans le doute. "Malheureusement je ne fais pas un métier très artistique, c’est plus facile d’aller à l’antenne tous les jours mais j’étais dans une souffrance dans ce métier terrible" déclare-t-il.

Je rentrais chez moi en pleurant, je pensais que j’étais nul à chier, que je devais arrêter.

Ce manque de confiance, il en fait toutefois une force : "Je pense que c’est essentiel quand on est dans un milieu un peu artistique : si on pense qu’on est arrivé on a toutes les chances de se planter".

Au travers de Je vous ai tant aimés, Benjamin Castaldi offre ainsi une belle leçon de vie et délivre un message d’amour porté par ses grands-parents.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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