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L'agenda Ciné

Belle : au bout du conte

15 févr. 2022 à 04:22Temps de lecture2 min
Par L'Agenda Ciné

Suzu, lycéenne timide de 17 ans, vit seule avec son père dans une province reculée du Japon. La jeune fille qui ne se remet pas de la disparition de sa mère, morte en tentant de sauver un enfant de la noyade, trimballe un grand mal de vivre et n’est plus capable de chanter.

Alors qu’elle intègre le fabuleux monde de U, une communauté virtuelle aux 5 milliards d’utilisateurs, où tout est possible et où l’on peut vivre une autre version de soi-même, Suzu devient, grâce à son avatar, Belle, une chanteuse à la voix cristalline et à la beauté angélique.

Désormais, dans ce monde numérique régi par ses propres règles et où personne ne connaît votre véritable identité, elle est tout ce qu’elle n’est pas dans la vraie vie : ses taches de rousseur deviennent un attrait de sa beauté et elle a retrouvé sa voix… pour devenir avec ses chansons une star, au point de ringardiser la coqueluche du moment.

Mais lors d’un de ses concerts, une mystérieuse et violente créature fait irruption. Cet avatar du nom de Ryû, mais baptisé la Bête par ses nombreux détracteurs, entend enfreindre les règles de U et se voit traquée par les forces de sécurité du réseau.

Intriguée, Belle va partir à sa recherche pour mieux la comprendre…

L'incontournable animation japonaise

Belle

Dès le 16 février au cinéma

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L’enfance et l’adolescence sont au cœur de la filmographie de Mamoru Hosoda qui s’est fait une belle place dans le cinéma d’animation avec ses précédents films : La Traversée du temps, Summer Wars, Les Enfants Loups, Ame et Yuki, Le Garçon et la Bête, Miraï, ma petite sœur.

Pour explorer à nouveau ses thèmes favoris (l’adolescence, le monde virtuel), le réalisateur japonais s’est emparé du conte de La Belle et la Bête, ce récit aux origines très lointaines immortalisé au cinéma notamment par Jean Cocteau en 1946 et en 1991 par les studios Disney dans une version animée (puis en 2017 dans une version live-action)… deux films référence pour lui.

D’entrée de jeu Mamoru Hosoda nous plonge dans un univers virtuel coloré, virevoltant, infini, féérique, peuplé d’un nombre incalculable d’avatars aussi différents les uns que les autres.

Le meilleur des mondes

© Tous droits réservés

Pour Suzu la découverte de ce monde parallèle sera une révélation. Il va devenir un formidable exutoire, moyen pour elle de se réinventer, d’échapper à sa vie morne et douloureuse. Mais si le virtuel s’emploie à vous offrir une vie idéale, la réalité, elle, est bien là. Immanquablement, elle vous rattrape. Suzu va devoir ainsi naviguer entre sa réalité propre et cette réalité de tous les possibles… l’un finalement n’allant pas sans l’autre !

Et c’est tout l’intérêt de Belle. Loin de diaboliser ces mondes virtuels, mais n’en éludant pas les nombreux travers, Mamoru Hosoda en souligne les bienfaits. Lieux de créativité, de solidarité, d’épanouissement, ils sont à même de nous faire avancer dans la (vraie) vie !

C’est ce que va expérimenter Suzu et incidemment la Bête porteuse d’un lourd secret.

Visuellement éblouissant, passionnant dans sa réflexion et les thèmes abordés (le deuil, l’individualisme, la confiance en soi, les violences familiales…), entraînant musicalement et foncièrement émouvant, Belle est un spectacle complet… courez le voir avec vos enfants, dès 8 ans.  

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