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Chroniques

Belgian dream of life

Belgian dream of life
29 nov. 2011 à 16:522 min
Par Paul Hermant

 

Et qui ajoute :"Je trouve ça tout à fait exceptionnel qu’un fils d’immigré arrive à cette fonction, quelqu’un qui a dû travailler dur, qui s’est battu.. Je m’en réjouis. C’est (…) le signe qu’il n’y a pas de fatalité sociale. Pour un libéral comme moi, c’est important".

Ça, c’est pour la page 4. La page 5, en passant en revue les mesures décidées en matière d’asile et de migrations, élaborées par les mêmes  — ceux qui se réjouissent de l’ascension sociale d’un enfant d’immigré et celui qui l’a effectuée— nous explique comment l’étranger arrivant par chez nous devra désormais se battre et travailler dur pour accéder un jour au seize rue de la Loi et accomplir son american dream sans fatalité sociale.

Et si ça nous frappe, ce coudoiement dans l’actualité, c’est que, si même tout n’est pas à jeter dans ces accords et qu’ils répondent à une partie des critiques posées depuis belle lurette sur les procédures, il reste que ces migrations sont comme toujours envisagées sous l’angle exclusif de la menace et non de cet enrichissement dont se réjouissait précisément Vincent Van Quickenborne…

Mais c’est ainsi, et ce n’est pas complètement à côté de la question qui nous occupe depuis 534 jours. Je veux dire qu’entre les lignes de ces accords sur l’asile et l’immigration qui ont tellement empoisonné les rapports Nord-Sud —je parle de ceux de chez nous bien sûr— on peut sans doute lire aussi une formulation nouvelle de la célèbre interrogation : "Comment peut-on encore être belge ? ". Même et surtout quand on ne l’est pas.

Et comme on a passé 534 jours à tenter de le rester, il semble bien normal que les étrangers qui voudraient le devenir, belges, passent aussi un peu plus de temps à demander, par exemple, leur naturalisation. C’est dans la logique de ce " pas de droits sans devoirs " que mettent en exergue ces accords prégouvernementaux.

Qu’il s’agisse des chômeurs ou des migrants, l’affaire est d’ailleurs à peu près pareille. La probation et l’évaluation sont les deux mamelles de la Belgique nouvelle et là encore, ce n’est que logique quand c’est aussi de probation et d’évaluation que parlent, à notre propos, les marchés et l’Europe.

C’est ainsi que tout redescend. Ce que le haut nous impose, nous l’imposons d’en haut à ceux d’en bas. De sorte que les vases communiquent, que le mouvement se pepétue et que si rien ne se perd, rien se crèe non plus. C’est peut-être bien cela, finalement, que l’on appelle le belgian dream. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.

Paul Hermant

 

 

 

 

 

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