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Belgique

Belges en Syrie: tous interrogés, pas tous inculpés

Belges en Syrie: tous interrogés, pas tous inculpés
19 oct. 2013 à 15:46 - mise à jour 19 oct. 2013 à 16:022 min
Par RTBF

L’Anversois Jejoen Bontinck a été inculpé samedi du chef de participation aux activités d’un groupe terroriste. La loi qui permet cette inculpation est très générale et concerne aussi bien les personnes qui sont juste intervenues comme messagers ou chauffeurs que celles qui ont du sang sur les mains. À ce stade, aucune précision n’a été donnée par le Parquet sur le rôle exact de Jejoen Bontinck. Il est placé en détention dans un endroit qui n’est pas communiqué, probablement Anvers, et une décision à son sujet sera prise mardi en chambre du conseil.

Des liens établis avec un groupe terroriste

Le groupe terroriste dont Jeroen Bontinck serait proche a été identifié, mais le Parquet refuse de donner des précisions à ce sujet. L’intéressé a déclaré récemment en interview qu’il avait rompu ses liens avec Sharia4Belgium dix mois déjà avant son départ en Syrie et qu’il n’avait pas combattu mais servi à des missions humanitaires, dans un hôpital.

Tous les jeunes partis en Syrie et rentrés en Belgique ne sont pas nécessairement inquiétés par la Justice. Le simple fait de s’être rendu en Syrie pour participer à la rébellion ne suffit pas à être incarcéré au retour en Belgique. Si tous les jeunes sont entendus par la police à leur retour, la majorité d’entre eux n’est l’objet ni d’une inculpation ni d’une mise en détention. Actuellement du moins car pour décourager ceux qui voudraient encore partir, certains parlementaires ont proposé de réactiver une loi de 1979 jamais vraiment mise en œuvre, qui interdit aux Belges de s’engager dans des forces combattantes étrangères.

Les jeunes qui sont inculpés le sont parce que d’autres éléments que leur seul départ en Syrie sont apparus dans l’enquête les concernant. C’est le cas de Jejoen Bontinck.

Plusieurs enquêtes sont en cours dont certaines remontent à 2012. On parle de 20 à 25 inculpations au total. Parmi elles, quatre ont été prononcées en avril dernier dans le cadre de l’affaire Sharia4Belgium, contre des jeunes d’une vingtaine d’années ayant agi comme recruteurs ou agents d’exfiltration pour les candidats au départ. Ils sont toujours en détention à ce jour.

Quant au nombre exact de jeunes djihadistes ou simples idéalistes belges partis en Syrie, il est très difficile à connaître, la task force "Syrie" mise en place par la ministre Milquet travaillant essentiellement dans la discrétion. Certaines sources parlent d'une septantaine de cas au minimum, essentiellement en Flandre et à Bruxelles. Certains seraient morts au combat, mais là encore les preuves manquent.

"Actuellement, certains Belges en Syrie hésitent à rentrer au pays car ils savent qu'ils risquent l'interpellation", a déclaré Denis Ducarme à la Chambre lors d’une séance de questions parlementaires.

Une task force multidisciplinaire

La task force "Syrie" rassemble des représentants de la police fédérale et de zones de la police locale, de la Sûreté de l’Etat, de l’OCAM (Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace), du Centre de Crise, de la Direction générale Sécurité et Prévention et de l’Office des étrangers du SPF Intérieur, des services de renseignement de la Défense, des Affaires étrangères, sous la présidence des représentants des ministres de l’Intérieur et de la Justice, en présence du représentant du Premier ministre.

Patrick Bartholomé

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