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Belfast : une enfance

Buddy est un petit garçon de 9 ans, choyé, joyeux et insouciant. Il vit avec sa mère, son grand frère et ses grands-parents dans une modeste maison à Plimouth, un quartier populaire de Belfast où tout le monde se connaît. Il ne profite de son père menuisier, qu’un week-end sur deux, quand celui-ci revient d’Angleterre, pays où il a pu trouver du travail mieux payé.

Mais en ce 15 août 1969, son quotidien est bouleversé quand ce que l’on a appelé les " Troubles " éclate entre protestants et catholiques. Dorénavant, des barricades sont dressées dans sa rue que l’on ne franchit qu’après avoir décliné son nom. Et les catholiques avec qui l’on vivait sans se poser de question sont devenus tout à coup des indésirables.

À la maison les problèmes d’argent, source de conflits entre ses parents, pourrissent la vie de sa mère qui gère la maisonnée. Heureusement, il y a les jeux en famille, les sorties au cinéma, les westerns à la télé, la petite pièce de sa grand-mère pour aller chercher des bonbons et les conseils " avisés " de son grand-père sur les grandes questions que Buddy se pose, à commencer par la meilleure manière de se rapprocher de la première de la classe dont il est secrètement amoureux.

Aux origines

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Kenneth Branagh, c’est une passion pour Shakespeare qu’il assouvit en tant qu’acteur, mais aussi au début de sa carrière de cinéaste en Angleterre, en adaptant avec faste quelques grands classiques de son auteur préféré (Henri V, Hamlet, Beaucoup de bruit pour rien…). Puis les sirènes d’Hollywood l’emmènent aux États-Unis où il réalise plusieurs superproductions parmi lesquelles Thor, Cendrillon et très récemment Mort sur le Nil.

Avec Belfast, Kenneth Branagh revient à ses origines et se penche sur cette enfance passée à Belfast, dans cette Irlande du Nord secouée par des tensions sociales entre catholiques et protestants, et sur le point d’être déchirée par une guerre fratricide.

Ne cherchant pas à détailler les tenants et aboutissant de ce conflit, loin d’une véritable approche politique ou historique à la Ken Loach, le réalisateur anglais, en se plaçant à la hauteur d’un enfant de 9 ans, prend le parti de la nostalgie et d’une certaine douceur.

Grandir à Belfast

Et si les dangers et les peurs que la famille doit affronter sont bien réels aux yeux de Buddy (Jude Hill tout en blondeur en en espièglerie), ils prennent une tout autre dimension.

Belfast se vit à la manière des souvenirs d’enfance que l’on se remémore et ce sont souvent les meilleurs que l’on veut retenir et qui l’emportent. Pour ce garçon en culotte courte, ce sont les jeux, les rires, le foot et tous ces moments merveilleux partagés en famille, et c’est cet amour indéfectible dont ses parents et ses grands-parents l’entourent.

À l’appui de cette chronique familiale qui touche au cœur, et qui se révèle être un bel hommage rendu à Belfast, à ses habitants et à tous ces Irlandais qui ont dû choisir entre rester et partir, il y a le choix de ce superbe noir et blanc et cette distribution dont on ne peut que louer la finesse de jeu. En tête, Judi Dench et Ciarán Hinds formidables de vérité et d’humour, que l’on rêverait d’avoir pour grands-parents !  

Ce film en route pour les Oscars ne peut que remporter vos suffrages, nous en sommes sûrs, courrez le voir !

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