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BD - Les Artilleuses - 2. Le portrait de l'antiquaire : Le Paris du début du vingtième siècle revu et corrigé par le " merveilleux " !

les artilleuses
29 mai 2021 à 05:22 - mise à jour 29 mai 2021 à 07:01Temps de lecture2 min
Par Jacques Schraûwen

Une série qui mélange les genres et nous entraîne dans des aventures échevelées aux imaginaires féconds !

les artilleuses
les artilleuses bamboo

Ce que j’aime dans la bande dessinée, c’est sa capacité à surprendre, à utiliser des codes bien connus pour les distordre, leur offrir quelques dérives.

Et c’est exactement ce qu’il se passe avec la série " Les artilleuses ", qui en est à son deuxième opus. Les artilleuses, ce sont Lady Remington, magicienne anglaise, Miss Winchester, Américaine possédant une salamandre magique, et Mam’zelle Gatling, une fée parisienne.

Nous sommes en 1911, dans un Paris qui n’est ni tout à fait le nôtre, ni tout à fait un autre !... On reconnaît les lieux, les bâtiments, les décors… L’ambiance, même, très début de siècle, avec les chaussures à clou des forces de l’ordre, avec des services secrets qui semblent déjà annoncer une future guerre… Mais… On se trouve aussi, en même temps, dans un univers où ce monde côtoie l’outremonde… Et, de ce fait, il est naturel de croiser dans ce Paris des Trolls, des animaux bizarres, des faunes, des elfes, des magiciennes…

C’est donc une série d’héroic fantasy..

Mais pas totalement… Je le disais, les auteurs s’amusent, de bout en bout, à distordre les codes parfois trop spécifiques de ce genre littéraire… Avec le scénariste Pierre Pevel et le dessinateur Etienne Willem, je parlerais plutôt de " merveilleux "…

Pierre Pevel et Etienne Willem

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les artilleuses
les artilleuses bamboo

Dans le premier tome, trois aventurières, les fameuses artilleuses, ont volé une sigillaire, une bague qui, disparue, peut provoquer bien des remous dans l’outremonde. Dans ce deuxième tome, les auteurs mettent en scène une véritable enquête policière à l’ancienne, dans une ambiance proche des feuilletons de la fin de dix-neuvième siècle, voire du vingtième siècle… Je pense à Eugène Sue, entre autres… Du côté des drames, cette enquête qui va mettre en face à face les espions allemands, les espions français, ét les artilleuses, cette enquête, donc, va provoquer des fusillades, avec, à la clé, des cadavres à la pelle… Mais tout reste toujours dans le domaine de l’aventure, de l’humour aussi…

C’est un livre ardu à résumer… Mais c’est surtout un livre passionnant et, ma foi, jouissif ! On y trouve des tas de références, de sourires, un commissaire cher à Nestor Burma, par exemple, ou un rédacteur en chef de Spirou très emblématique… C’est dire qu’il y a plusieurs lectures possibles… Des lectures " feuilletonnesques ", oui, avec des encarts narratifs originaux… Des voix " off ", en couleur jaune, qui ne se contentent pas comme avec les dessinateurs de la Ligne Claire, de décrire ce qui se passe, mais qui, tout au contraire, fluidifient le récit en y apportant des raccourcis de bon aloi. Et le dessin d’Emmanuel Willem, venu du monde de l’animation, joue avec les perspectives, il est extraordinairement rythmé… Une belle réussite pour ce dessinateur belge au talent de plus en plus évident.

 

Jacques Schraûwen

Les Artilleuses - 2. Le portrait de l’antiquaire (dessin : Etienne Willem – scénario : Pierre Pevel – couleurs : Tanja Wenish - éditeur : Bamboo-Drakoo – 48 pages – mai 2021)

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