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BD - deux expositions à Bruxelles : Antonio Lapone et Midam

exposition
10 oct. 2020 à 07:19 - mise à jour 10 oct. 2020 à 07:23Temps de lecture2 min
Par Jacques Schraûwen

La bande dessinée, c’est un art, le neuvième. Pouvoir voir de tout près le travail d’un dessinateur de bd, c’est l’occasion d’en découvrir toutes les facettes : le dessin, la mise en page, la couleur…

Midam s’expose au Centre Belge de la Bande Dessinée à Bruxelles jusqu’au 07/03/2021

Midam
Midam Midam

Midam, c’est le créateur de Kid Paddle et de Game Over, deux séries qui cartonnent. Et l’exposition qui lui est consacrée au CBBD s’intitule: " Itinéraire d’un Kid de Bruxelles ".

J’ai toujours été intéressé par ces processus de création qui font qu’un auteur, parvient à créer un univers qui lui est propre. Et cette exposition, simple, linéaire et chronologique, destinée à plaire aux mômes comme à leurs parents, permet cela. Elle fait découvrir tout le travail du noir et blanc de Midam, son trait de plus en plus précis, de plus en plus parlant au fil du temps. Mais elle nous montre aussi les œuvres plus récentes de Midam, des œuvres dans lesquelles, désormais, la couleur occupe une place prépondérante. C’est de la BD populaire, au sens noble du terme, ai-je envie de dire.

Gentlemind – Episode 1: un album chez Dargaud et une exposition chez Champaka à Bruxelles

Lapone
Lapone Lapone

Champaka, c’est une galerie spécialisée dans le neuvième art, avec un choix, toujours, d’artistes importants. Cette galerie profite de la sortie d’un album intitulé " Gentlemind ", du dessinateur Antonio Lapone, pour en exposer les planches originales. L’album est passionnant, il nous plonge dans les médias légers, aux Etats Unis, des années 40/50, avec pour héroïne une femme qui dirige un de ces magazines dits pour hommes.

Le trait de Lapone est " design ", très " dessin de mode " très " vintage " comme on dit. Cela dit, le travail de Lapone avec ses deux scénaristes l’a poussé également à s’ouvrir, au niveau de son dessin comme de son contenu, à s’écarter des chemins de ses habitudes. Depuis toujours, en effet, c’est le regard de l’homme sur la femme qui se trouve au centre de ses livres. Ici, il inverse ce mouvement, et il fait de la femme, de son héroïne, Navit, une héroïne qui rue dans les brancards, qui sait qu’elle est belle, donc désirable, mais qui n’en joue pas et qui trace sa route dans un monde d’hommes avec une conviction et une efficacité exceptionnelle.

S’il fallait trouver un thème central à ce " Gentlemind ", livre et exposition, ce serait sans doute " l’art ", celui qui accroche le regard, l’art que tout un chacun peut appréhender, l’art, tout simplement, qui raconte des histoires.

Deux expositions très différentes, qui méritent chacune le détour.

Les galeries d’art, les salles d’exposition, tous les lieux culturels sont les laissés-pour-compte de cette pandémie et de ses peurs, raisonnables ou pas.

C’est pourquoi il faut continuer, encore et encore, à soutenir toutes celles et tous ceux qui défendent, à leur niveau, une part de notre culture, seul vrai patrimoine humain qu’il faut, à tout prix, sauver. L’art, sous toutes ses formes, est ce qui nous fait rêver, donc vivre.

Rêvez, en allant voir cette exposition, rêvez, en lisant ce livre, rêvez en laissant les artistes rêver avec vous !

 

Jacques Schraûwen

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