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Coronavirus

Baromètre covid : voici comment il va fonctionner (infographie interactive)

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21 janv. 2022 à 14:53 - mise à jour 22 janv. 2022 à 15:493 min
Par Himad Messoudi

Il est là, enfin. Le baromètre corona a été validé par le comité de concertation de ce vendredi 21 janvier. Il entre en vigueur ce vendredi 28 janvier. Ce baromètre, c'était un peu comme le monstre du Loch Ness : beaucoup de monde en parlait, certains pensent l’avoir vu, mais il se dérobait toujours. Mais le voilà bel et bien. 

Un baromètre pour qui ?

Les secteurs qui devront tenir compte de ce baromètre sont:

  • les activités Horeca : restaurants, mariage, etc.
  • les activités liées à la jeunesse et la vie associative
  • les événements publics et activités collectives de groupe, à partir de 50 participants
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A quoi sert ce baromètre, concrètement ?

Le baromètre, c'est d'abord un outil de communication et un outil d'orientation politique. Il doit permettre de montrer à la population où nous nous situons sur le front de l'épidémie. Le baromètre doit aussi guider la décision politique. Sans automaticité : la décision reste dans les mains du comité de concertation. 

Le baromètre se résume à trois couleurs : jaune, orange et rouge. Dès ce 28 janvier et l'entrée en vigueur du baromètre, nous serons en "rouge".

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Que se passera-t-il pour une salle de cinéma à partir de ce 28 janvier ? Puisque nous serons en rouge, cela signifie que le Covid safe ticket sera obligatoire pour entrer dans une salle, tout comme le masque. Au-delà d'une capacité de 200 personnes, une salle peut accueillir jusqu'à 70% de sa capacité normale. Même chose pour un théâtre, un stade de football, etc.

A noter que si certaines conditions sont remplies, lorsqu'il s'agit d'un événement non-dynamique (c'est-à-dire où le public est assis et passif, comme le cinéma, un concert assis, le théâtre, etc.) et que la ventilation permet de rester sous les 900 ppm, la capacité peut grimper à 100%. Cette mesure n'a jamais été présente dans aucun projet de baromètre, c'est la surprise du chef de ce comité de concertation.

Via notre outil interactif en début d'article, vous pouvez tester le baromètre selon les différentes activités et secteurs. 

Le mode d'emploi : Exemples concrets des mesures

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Ce 28 janvier signe donc la fin d'une très longue route pour le baromètre. Une histoire qui a débuté en 2020.

Une gestation compliquée

Le 16 octobre 2020, sur ce site, nous vous présentions les grandes lignes du baromètre 1.0, création du "CELEVAL 2", qui était un groupe d’experts chargés d’évaluer les mesures à prendre par le Conseil national de sécurité. C’était avant la Vivaldi, avant la reprise en main de la pandémie par Frank Vandenbroucke. Ce premier baromètre sera mis de côté.

Le commissaire Corona, Pedro Facon, avait proposé, un mois plus tard, un "interrupteur corona", un système très simple : selon l’évolution de la pandémie et suivant cinq indicateurs, nous étions soit en phase ascendante, soit en phase descendante. Un comité de concertation de novembre 2020 n’a pas validé le concept.

Le GEMS (le groupe d’experts chargés de proposer des mesures) y est allé de sa proposition "ABC", un paquet de décisions qui varie en fonction de la gravité de la situation. La méthode n’a pas été pérennisée au-delà de la troisième vague de début 2021.

En août 2021, le RAG  a mis au point un modèle basé sur 5 niveaux d’alerte et 7 indicateurs. L’accueil est bon, mais ça n’ira pas plus loin.

Ailleurs ? Pas mieux

Bref, en janvier 2022, la Belgique ne dispose toujours pas d’un baromètre. Comment cela se passe-t-il ailleurs ? Dans une note datée du 17 décembre, le commissaire Corona fait le point sur les expériences étrangères. Et force est de constater que ce n’est pas plus simple chez nos voisins.

Ainsi, écrit Pedro Facon, "plusieurs pays ont abandonné une méthode de baromètre de grande envergure parce qu’elle est impossible ou difficile à mettre en œuvre lors des vagues suivantes. […] Ceux qui y adhèrent sont des pays qui ont des politiques très strictes en matière de COVID-19 (y compris une stratégie 'zéro Covid'). […] Les pays qui ont abandonné la méthode d’un baromètre poussé l’ont remplacée par un système plus léger, avec un caractère moins mécanique (tant en termes d’indicateurs/seuils que de mesures) et offrant une plus grande marge de manœuvre politique, comme par exemple les Pays-Bas. Ou bien ils ont choisi de ne plus fournir de système de baromètre, comme par exemple l’Irlande." Autre remarque : "Dans le cadre de l’évaluation épidémiologique globale, plusieurs éléments indiquent qu’il est difficile de se fier uniquement à un baromètre : variants possibles, 'immune escape' (évasion ou fuite immunitaire), etc. qui peuvent apparaître et nécessiter une intervention rapide, indépendamment de certaines valeurs du baromètre." 

Notons également ceci : "L’implication des départements et des secteurs dans le baromètre corona est cruciale pour son application cohérente et efficace, comme le montre par exemple l’expérience des Pays-Bas." Bref, ailleurs, ce n'est guère mieux qu'en Belgique.

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