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Barbara Minneci : le cancer l’a privée de ses jambes, pas de ses rêves ni de ses chevaux

26 août 2021 à 07:00Temps de lecture2 min
Par Pierre Deprez

"Ça n’en a peut-être pas l’air, à cause du masque, mais je souris vous savez ? !".

Barbara Minneci quitte les écuries et nous rejoint, en (sou) riant, comme si souvent. Ce concours international de Waregem est le tout premier depuis plus d’un an de pandémie. Les mesures sanitaires sont drastiques, nous ne pourrons pas l’accompagner partout, notamment aux écuries, où elle a pour habitude de partager un moment de complicité avec son fidèle Stuart avant d’entrer en piste.

On lui demande si elle lui parle et ce qu’elle lui dit. La réponse fuse dans un éclat de rire : "Je lui dis que s’il n’est pas bon, il ira promener des touristes dans le désert…. Sérieusement ? Je lui parle, peu importe de quoi. J’ai besoin de le sentir, d’être contre lui, et qu’il sente aussi ma présence, ma confiance, mon attente".

Ce que Stuart devine peut-être aussi chez sa cavalière, c’est un mélange d’excitation et de stress. Il y a longtemps que le duo ne s’est plus mesuré aux autres paires en compétition internationale, et la qualification pour Tokyo n’est pas encore acquise. "Enfin, retrouver la compétition, quel bonheur ! Tokyo, bien sûr, ce serait magnifique, surtout après cette interminable traversée du désert imposée par le Covid. Etre privée de mes jambes c’est dur depuis toujours, mais être empêchée de m’entraîner avec mon cheval, c’était pénible".

 

Il y a 25 ans, alors qu’elle pratiquait déjà les sports équestres, le cancer puis les interventions chirurgicales ont paralysé ses jambes et son bassin. C’est donc "en amazone", avec les deux jambes du même côté du cheval, qu’elle monte.

Mais en Dressage, les actions des jambes et du bassin sont capitales. A la place, Barbara utilise deux cravaches, sa voix, ainsi que certains mouvements subtils du haut du corps. Pour le reste elle mise sur la complicité de son partenaire, et sur le travail préparatoire quotidien. En piste, autant Stuart paraît serein et appliqué, autant Barbara semble inquiète et sceptique. Au final pourtant la 3e place confirme que la qualification est presque dans la poche.

Pour cette Sportive de Haut Niveau de la LHF (Ligue Handisport Francophone), ce seraient les troisièmes Jeux paralympiques, après Londres et Rio.

A Tokyo, les ambitions du duo se limiteront à "faire le mieux possible, sans se bercer d’illusions". Mais la cavalière de la LEWB (Ligue Equestre Wallonie-Bruxelles) vivra ces Jeux pleinement. "J’adore la compétition de paradressage. Mais je pourrais m’en passer. Par contre, je ne pourrais pas me passer de mes chevaux : ce sont mes enfants, ma raison de vivre".

 

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