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Barack Obama: "Ce n'est pas moi qui ai fixé une ligne rouge" pour les armes chimiques

"Est-ce que je continue à espérer que M. Poutine changera d'avis sur certaines de ces questions ? J'ai toujours espoir", a-t-il déclaré à Stockholm

© JEWEL SAMAD - IMAGEGLOBE

04 sept. 2013 à 16:21 - mise à jour 04 sept. 2013 à 19:44Temps de lecture3 min
Par Belga News

Lors d'une conférence de presse à Stockholm à la veille de son arrivée au G20 de Saint-Pétersbourg, le président américain a prévenu la communauté internationale que sa "crédibilité" était en jeu, l'exhortant implicitement à soutenir sa décision de principe de frappes contre le régime de Bachar el-Assad.

Barack Obama, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, a de nouveau dénoncé le "recours effroyable à des armes chimiques il y a deux semaines" en Syrie, une attaque près de Damas qui a fait 1.429 morts dont 426 enfants selon le renseignement américain.

"Face à une telle barbarie, la communauté internationale ne peut pas être silencieuse", a ajouté le président Obama, qui en août 2012 avait mis en garde le président Assad contre tout recours à son stock d'armes chimiques, en affirmant que cela "changerait l'équation" du conflit et reviendrait à franchir une "ligne rouge".

Mais la Maison Blanche, en admettant pour la première fois en juin que Damas avait commis une attaque aux armes chimiques, s'était contentée d'annoncer une "aide militaire" aux rebelles, sans plus de détails. Des élus du Congrès comme le sénateur John McCain avaient critiqué Barack Obama pour ne pas avoir pris selon eux les moyens de faire respecter sa "ligne rouge".

Mercredi, le président a tenté de retourner la problématique. "Ce n'est pas moi qui ai fixé une ligne rouge. Le monde entier a fixé une ligne rouge quand des gouvernements représentant 98% de la population mondiale ont dit que le recours à des armes chimiques était odieux et ont adopté un traité interdisant leur utilisation même en cas de guerre", a-t-il avancé. "Ce n'est pas ma crédibilité qui est en cause. La crédibilité de la communauté internationale est en cause, et la crédibilité des Etats-Unis et du Congrès est en cause", a insisté le président, qui a annoncé qu'il demandera le feu vert des élus pour lancer des frappes en Syrie.

Barack Obama, qui a plaidé personnellement auprès d'élus depuis samedi, décrochant le soutien de hauts responsables républicains, s'est dit persuadé que le Congrès voterait en faveur d'une telle résolution.

Blocage russe

Le président américain a aussi été interrogé sur les différends qui persistent entre lui et son homologue russe Vladimir Poutine, hôte du G20. Vladimir Poutine a soutenu jusqu'ici son allié syrien et Moscou a bloqué toute résolution contraignante à l'ONU.

"Est-ce que je continue à espérer que M. Poutine changera d'avis sur certaines de ces questions ? J'ai toujours espoir. Et je continuerai à lui parler parce que je pense qu'une action internationale serait bien plus efficace" en cas de collaboration de Moscou, a expliqué le président.

Au G20, il s'entretiendra en tête-à-tête avec ses homologues français François Hollande et chinois Xi Jinping, ainsi que le Premier ministre japonais Shinzo Abe, selon un responsable de la Maison Blanche. Si rencontre avec Vladimir Poutine il y a, elle s'effectuera informellement, "en marge des différentes réunions", selon la même source.

Pas de rencontre formelle prévue

Maison Blanche et Kremlin ont exclu une rencontre bilatérale formelle. Un sommet russo-américain à Moscou prévu avant le G20 avait été annulé par Washington après l'octroi d'un asile temporaire au fugitif Edward Snowden, réclamé par les Etats-Unis où il est inculpé d'espionnage après avoir fait des révélations sur la surveillance électronique mondiale effectuée par les Etats-Unis.

Mercredi, le président russe a semblé adopter un ton plus conciliant que ces derniers jours, assurant que Moscou accepterait une action en Syrie s'il y avait des "preuves convaincantes" de l'usage d'armes chimiques par le régime. Mais il a aussi souligné qu'une intervention sans aval de l'ONU constituerait une "agression".

Dans l'après-midi, lors d'une visite dans la synagogue de Stockholm, Barack Obama est allé rendre hommage à la mémoire de Raoul Wallenberg, diplomate suédois qui a sauvé des dizaines de milliers de juifs hongrois en 1944 et 1945.

A l'invitation du chef du gouvernement suédois, le président Obama devait dîner mercredi avec le président finlandais et les Premiers ministres norvégien, danois et islandais. Jeudi matin, il devrait rencontrer le couple royal suédois avant de s'envoler pour Saint-Pétersbourg.

Belga

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