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Bad buzz pour Matt Damon, réprimandé par sa fille pour une insulte homophobe

Bad buzz pour Matt Damon, réprimandé par sa fille pour une insulte homophobe
03 août 2021 à 14:233 min
Par François Saint-Amand

L'acteur américain de 50 ans a fait son mea culpa à propos de l'insulte 'faggot', qu'il employait même dans un de ses films. Un revirement de situation survenu grâce à une sensibilisation du sujet par sa propre fille comme il l'a expliqué au Sunday Times.

Les enfants peuvent parfois enseigner le savoir-vivre aux adultes, encore plus dans une société où la haine, le sexisme, le racisme ou l'homophobie sont à présents condamnés au contraire des générations précédentes. Matt Damon en est le parfait exemple, encore en 2021, avec sa propre fille, se faisant remarquer pour de nouveaux propos polémiques, en pleine promotion de son film Stillwater.

Bad buzz auprès des défenseurs des LGBTQI+

Depuis quelques mois, l'acteur star de la saga Jason Bourne et de Seul sur Mars a banni le mot 'faggot' de son langage. Ce terme anglo-saxon peut se traduire en français par 'pédé'. Avant cette période, il utilisait sans remord cette insulte dégradante en guise de 'plaisanterie', ce qui n'a pas été au goût de l'une de ses filles.

"J’ai fait une blague il y a quelques mois, et j’ai reçu un traité de la part de ma fille. Elle a quitté la table. J'ai dit : 'Allez, c'est une blague ! Je dis le mot dans le film Deux en un !' Elle est allée dans sa chambre écrire un très long, très beau traité expliquant pourquoi ce terme est dangereux. J'ai répondu : Ok, je retire le mot en F ! J'ai compris" a-t-il déclaré au Sunday Times.

Un aveu qui ne suffit toutefois pas à calmer l'indignation des internautes. Travon Free, un comédien bisexuel, a été notamment choqué par ces propos : "Donc Matt Damon a découvert ‘il y a quelques mois’, dans un ‘traité’ écrit par un enfant, qu’il n’était pas censé dire ‘faggot'".

La Gay & Lesbian Alliance Against Defamation s'est aussi indignée de cette prise de parole. "Il doit y avoir une responsabilité à une époque où les insultes anti-LGBTQ restent endémiques et peuvent alimenter la discrimination et les stéréotypes, en particulier lorsqu'elles sont utilisées par des personnes extérieures à la communauté pour diffamer ou décrire les personnes LGBTQ" a souligné le porte-parole de l'association.

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Plusieurs propos polémiques à son actif

Matt Damon a réagi dans la foulée pour se justifier sur ses propos dans les colonnes du magazine Variety. "J'ai relaté une conversation que j'ai eue avec ma fille au cours de laquelle j'ai essayé de contextualiser le progrès qui a été fait -bien qu'il reste encore du travail à faire- depuis mon enfance à Boston, durant laquelle j'entendais le mot 'p*dé' en permanence avant même de savoir ce qu'il signifiait. Je lui ai expliqué que ce mot était utilisé constamment, sans conséquences, et que je l'ai moi-même prononcé dans un dialogue de film en 2003. Elle s'est montrée perplexe à l'idée que ce terme ait pu être un jour si usuel. J'ai été fier et admiratif de voir à quel point elle m'a expliqué précisément la douleur causée par ce terme à la communauté LGBTQ+, même lorsqu'il était courant. J'étais non seulement d'accord avec elle, mais aussi transporté par sa passion, ses valeurs et son désir de justice sociale".

"Je n'ai jamais traité qui que ce soit de 'p*dé' dans ma vie personnelle et cette conversation avec ma fille n'a pas été une révélation pour moi. Je n'ai pas recours aux insultes" a-t-il ajouté, comprenant que l'interview ait pu être mal interprétée au vu de l'hostilité qui règne encore envers la communauté LGBTQI+. "Pour le dire aussi clairement que possible : je soutiens la communauté LGBTQ+".

Il faut bien signaler que Matt Damon n'en était pas à sa première polémique homosexuelle. En 2015, il avait confié qu'il était préférable pour les acteurs LGBTQI+ de ne pas s'épancher sur leur orientation sexuelle à leur public. Soupçonné d'avoir étouffé les scandales sexuels d'Harvey Weinstein, il avait également estimé en 2017, en plein mouvement #MeToo, qu'il y avait une différence "entre donner une tape sur les fesses et le viol ou une agression sexuelle sur enfant", avant de s'excuser un an plus tard.

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