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Aymeric Caron sur son premier roman : "J’ai choisi de rester sur des thématiques très familières"

Aymeric Caron, pour "Nous mourrons de nous être tant haïs"

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11 mars 2022 à 10:11Temps de lecture3 min
Par François Saint-Amand

Aymeric Caron était l’invité du 8/9 pour son premier roman sorti début janvier, Nous mourrons de nous être tant haïs. Cette saga familiale s’impose comme un roman d’anticipation, conditionné par les erreurs humaines du passé.

Le chroniqueur, journaliste, militant écologiste et écrivain est de retour avec un roman sur la crise écologique.

L’auteur nous embarque dans le futur, en 2054, en Nouvelle-Zélande à la rencontre d’Auriline. Menacée par la mort, la jeune fille décide de se replonger dans le passé de sa famille et de remonter jusqu’à l’arrivée en France de son grand-père après la Seconde Guerre mondiale.

En glanant des informations çà et là, Auriline prend conscience que la nature humaine est autodestructrice. Elle découvre aussi les résistants et militants qui ont tenté jusqu’au bout de freiner la catastrophe…

Un roman marqué par son militantisme

Auteur, journaliste, militant, voire bientôt homme politique, Aymeric Caron est ce qu’on appelait jadis, un homme de lettres. Après plusieurs essais, dont un sur le coronavirus, marqués par ses convictions d’écologiste, le journaliste de 50 ans s’est lancé dans la rédaction de son premier roman avec Nous mourrons de nous être tant haïs.

C’est avec ses différentes casquettes qu’il livre de nombreux messages pour l’avenir du monde dans ce roman. "J’ai écrit plusieurs essais auparavant, et évidemment je suis profondément parlant militant. Je suis donc à la fois journaliste, écrivain, militant et j’essaie de mettre tout cela dans le livre. De toute façon, une casquette unique c’est toujours très ennuyant et réducteur" confie-t-il.

Mais l’auteur est prêt à s’aventurer sur d’autres histoires moins marquées par ses idées politiques. "Pour le passage des essais au roman, j’ai choisi de rester sur des thématiques qui sont quand même très familières : à savoir l’engagement, la défense du vivant, l’écologie. Le prochain roman auquel je pense n’aura aucun lien avec ces thèmes-là, je partirai sans doute vers quelque chose de complètement différent" déclare-t-il.

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Son avis sur la guerre en Ukraine

Nous mourrons de nous être tant haïs jette un coup dans le rétroviseur des thématiques qui ont marqué les dernières décennies de notre société en les répétant dans le futur. Il imagine notamment l’arrivée de la fille de Kim Kardashian à la présidence américaine ou relève la 'tyrannie programmée de l’émotion à la télévision'.

Aymeric Caron aborde aussi un sujet entièrement d’actualité, la guerre et ses conséquences sur la planète. L’auteur apporte donc un regard nuancé sur le conflit russo-ukrainien puisqu’il a été reporter à Bagdad au moment de la guerre en Irak. "C’était il y a quasiment 20 ans. On avait un rapport à l’information totalement différent : les réseaux sociaux n’existaient pas, il n’y avait pas toutes les sources dont on est continuellement abreuvé, il y avait moins de parole qui s’exprimait. J’adore cette période parce qu’on a des moyens pour aller chercher des infos qui n’existaient pas à l’époque. C’est génial, et en même temps, on entend des tas de gens qui parlent car on a beaucoup d’antenne à remplir aujourd’hui, ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans" observe-t-il. "En France j’entends des plateaux sur lesquels se succèdent des tas de gens qui connaissent toute la psychologie de Poutine, des gens devenus spécialistes de l’Ukraine en deux jours,… Je sais que ce sont des sujets tellement complexes, pour les avoir traités avant, que je trouve qu’il faut s’exprimer avec pas mal de prudence".

La catastrophe nucléaire

Autre thème sensible et complexe évoqué par Aymeric Caron dans son roman, le nucléaire. L’auteur estime que tant le nucléaire militaire que le nucléaire énergétique représentent un grand danger pour la Terre.

"Le nucléaire militaire nous rend comptable de cette capacité à exterminer l’humanité d’une manière absolument inédite et c’est beaucoup trop dangereux. On ne peut pas prendre le risque de créer des armes qu’on met ensuite entre les mains d’une personne complètement folle. L’idée même de tuer 200.000 ou 300.000 personnes d’un coup relève de la folie pure et simple" indique-t-il.

Pour le nucléaire civil, il pointe un problème énergétique bien lié au premier : "Cette énergie, d’une part, elle n’est pas totalement fiable. On n’est absolument pas à l’abri d’un accident, cela n’existe pas une centrale comme cela […] Les déchets nucléaires dont on ne sait absolument pas quoi faire aujourd’hui. On les enterre, ils restent radioactifs pendant 10.000 ans. Qu’est-ce qu’on fait ? On les laisse pour les générations futures ? On considère que la terre est une poubelle et on les enterre et ce sera dans deux ou trois générations. Et le lien avec le militaire, on n’est pas à l’abri qu’il y ait des attaques perpétrées contre ces structures énergétiques".

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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