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Awans : la cryothérapie au secours des malades cardiaques

La console liée à un cathéter pourra "réparer" l'artère

© Cryotherapeutics

27 juin 2019 à 08:41 - mise à jour 27 juin 2019 à 08:41Temps de lecture2 min
Par Françoise Dubois

Utiliser le froid extrême pour soigner, ce n’est pas neuf mais dans le domaine de la cardiologie, c’est encore expérimental. C’est le projet déjà bien avancé de la jeune entreprise Cryotherapeutics. Elle vient de s’installer à Awans. Elle a aussi réussi à lever 7 millions d’euros de fonds publics (Noshaq et région wallonne) et privés pour mener à bien son projet : soigner l’infarctus par cryothérapie.

Un cathéter à -20 degrés

Depuis une dizaine d’années, les sportifs utilisent la cryothérapie pour améliorer leur récupération. La technique peut aussi aider aux traitements amincissants, à soigner des tendinites ou encore les verrues. Ce que Cryotherapeutics a mis au point, c’est un cathéter particulier : "pour l’instant l’objectif est d’intervenir après un infarctus. Le cardiologue introduit un cathéter dans le cœur, l’artère puis on fait baisser la température à -20 degrés pendant une trentaine de secondes. On peut répéter le cycle si nécessaire. C’est le froid qui répare la lésion", explique Bertrand Grimmonpré, directeur (CFO). L’avantage pour le patient pourrait être d’éviter la pose d’un stent, d’un corps étranger dans l’organisme.

La méthode est encore expérimentale. Les essais précliniques ont été réalisés à Anvers. Après avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires, les tests sur patients seront programmés. Cela devrait être le cas dès septembre sur une vingtaine de patients en Suède où la société avait déjà noué des contacts avant de s’établir en Belgique.

Guérir mais aussi prévenir

Les 7 millions d’euros de fonds débloqués permettront de poursuivre le développement de la méthode, d’engager également. La société compte aujourd’hui 5 ETP mais elle compte engager rapidement une dizaine de collaborateurs aux profils spécifiques. L’ambition est également de trouver des partenaires dans le secteur de l’imagerie médicale pour aller plus loin et adapter cette technique à la prévention : repérer les petites lésions et les traiter avant l’infarctus.

Pour cette jeune entreprise créée en Allemagne mais qui a choisi la région liégeoise pour son vivier de petites sociétés spécialisées dans les technologies médicales de pointe, le marché potentiel est gigantesque. L’infarctus est en effet une des premières causes de mortalité.

 

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