Belgique

Avrox : "J’ai appris qu’il restait un stock de 7 millions de masques dans une caserne", indique Ludivine Dedonder, ministre de la Défense

17 mars 2021 à 09:00 - mise à jour 17 mars 2021 à 10:54Temps de lecture3 min
Par Africa Gordillo

La ministre Ludivine Dedonder est revenue, ce mardi matin sur La Première, sur l’étude de confirmation sur la toxicité des masques Avrox qui n’a toujours pas livré ses résultats, trois semaines après que les autorités ont décidé de ne plus les distribuer en Belgique. Selon la ministre, 7 millions de ces masques attendent dans une caserne le sort que les autorités leur réserveront. Ludivine Dedonder a également apporté des éclaircissements sur l’aide de la Défense à la campagne de vaccination et sur le sexisme dans l’armée, alors qu'elle a pris connaissance d'un rapport sur le sujet.

La saga des masques Avrox n’est pas close

Les masques Avrox avaient été commandés par le précédent gouvernement dans le "chaos" des premiers mois de la pandémie, soit un budget de 40 millions. Ces masques ont été distribués à la population vivant en Belgique par le biais des pharmacies. Le 23 février dernier, la RTBF lance un pavé dans la mare en pointant la possible toxicité de ces masques en raison de la présence de nanoparticules de nitrate d’argent dans ces masques blancs en tissus. Ils ont depuis lors été retirés de la circulation.

Selon la ministre de la Défense, les marchés publics relatifs à ces masques "n’ont pas été mal faits" puisque la Cour des comptes avait donné son feu vert et que le Conseil supérieur de la santé avait émis un avis favorable de conformité. " Quand j’ai pris mes fonctions en octobre", ajoute Ludivine Dedonder, "j’ai appris qu’il restait un stock de 7 millions de masques dans une caserne. J’ai interrogé les entités fédérées sur leurs besoins et j’ai avancé l’idée de les distribuer à la population via les centres de vaccination."

C’est à ce moment-là que Sciensano publie une étude complémentaire dans laquelle il est question de la possible toxicité des masques et préconise de ne plus les utiliser en attendant le résultat final de l’étude. "Nous n’avons toujours pas ces résultats aujourd’hui", précise la ministre de la Défense.

L’hôpital militaire opérationnel pour la vaccination anti-Covid

Depuis le début de la pandémie, la Défense a apporté son appui humain et logistique à la lutte contre le Covid-19. Dernière mobilisation en date, celle liée à la campagne de vaccination. "Depuis ce lundi 15 mars, l’hôpital militaire de Neder-Over-Hembeek joue son rôle de grand centre de vaccination. A terme, 1000 personnes pourront être vaccinées par jour dans ce centre, 7 jours sur 7. Nous apportons par ailleurs l’aide logistique de la Défense dans d’autres centres de vaccinations avec des militaires déployés pour aiguiller les gens, pour encoder…", précise encore Ludivine Dedonder. L’armée est intervenue dans 300 centres de soins et hôpitaux, en appui au personnel soignant et à la population.

Les militaires harceleurs seront sanctionnés

Les lignes bougent alors que la Défense a intégré 4 femmes dans son groupe des forces spéciales, au sein d’une "capacité de développement profond" (ou "Deep Development Capability", DDC).

Les lignes bougent mais l’intégration est allée de pair avec une déferlante de propos sexistes sur les réseaux sociaux… Y compris de militaires eux-mêmes. "C’est inadmissible", déclare la ministre, "ces personnes ne sont pas dignes de travailler à la Défense."

Une dizaine de plaintes sont déposées chaque année par des femmes militaires mais ce nombre est-il l’arbre qui cache la forêt ? Une étude pour questionner les femmes victimes de harcèlement a été menée à la Défense. "On s’est rendu compte que beaucoup d’entre elles n’avaient pas osé le dire pour diverses raisons". La ministre explique que les raisons de ce silence sont multiples: "Par peur de représailles, de perdre leur emploi, d’être freinée dans leur évolution de carrière ou par honte aussi. Je veux être très claire, je condamne toute forme de discrimination.

Si les faits de harcèlement ou de violence sexuelle sont avérés, il y aura des sanctions immédiates

La ministre poursuit: "On a donc voulu mettre en place au sein de la Défense, une campagne de sensibilisation. On va aussi former les cadres et on va faciliter l’accès à l’assistance psychosociale pour les victimes. On a mis en place un numéro vert pour que les femmes soient entendues, elles étaient jusqu’ici écoutées mais pas entendues. Comme première femme à la tête de la Défense, je serai à leur côté. Il n’y a pas de place à la Défense pour les harceleurs et les bourreaux. Si les faits de harcèlement ou de violence sexuelle sont avérés, il y aura des sanctions immédiates. Les harceleurs seront immédiatement sanctionnés si les faits sont avérés".


►►► A lire aussi : la Défense est-elle sexiste ?


Une volonté qui s’appréciera alors que la ministre de la Défense annonce 10.000 nouveaux engagements dans les 5 ans. De plus en plus de femmes intègrent la Défense, plus 2% par rapport à l’année dernière. "Il faut donc que les femmes comprennent qu’elles ont leur place à la Défense et les hommes aussi doivent le comprendre. La Défense doit être à l’image de la société", explique Ludivine Dedonder.

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