Avoir trop de cholestérol, cela peut également être génétique

Les statines, médicaments miracles dans les cas d'hypercholestérolémie familiale ?

© BEN STANSALL - AFP

13 sept. 2016 à 15:28 - mise à jour 13 sept. 2016 à 15:28Temps de lecture3 min
Par Odile Leherte

Vous le savez sûrement: avoir un taux de mauvais cholestérol trop élevé est mauvais pour la santé. Le cholestérol, c’est cette graisse qui se trouve dans l'alimentation mais aussi fabriquée par le corps, qui se dépose dans les parois des vaisseaux sanguins et finit par engendrer des risques cardio-vasculaires.

Plus d’un Belge sur deux par contre ne sait pas que le cholestérol est déterminé en partie par nos gènes. Voilà ce qui ressort d’un sondage de l’association de patients Belchol (Association des patients belges atteints d’hypercholestérolémie familiale). Soutenue notamment par des firmes pharmaceutiques comme Pfizer, Sanofi ou MSD, l’association tient à médiatiser cette maladie génétique trop peu connue du grand public: l’hypercholestérolémie familiale.

Je prends un traitement en continu depuis deux ans

L’association nous présente Marie Delcol, 21 ans. Elle souffre d’hypercholestérolémie familiale et a été diagnostiquée alors qu’elle n’était qu’une enfant. "Comme ma mère, mon frère et ma grand-mère sont atteints d’hypercholestérolémie familiale, on m’a diagnostiquée très jeune. Ma mère ne voulait pas que je prenne de médicaments avant l’âge de 18 ans, mais ça fait deux ans que je prends un traitement en continu". Son discours se veut convaincant. "Quelqu’un qui est atteint de la maladie doit prendre des médicaments donc l’alimentation ne suffit pas à faire baisser le taux de cholestérol, puisque c’est une maladie génétique".

Un régime, un traitement, ou une combinaison des deux?

Le médecin Olivier Descamps plaide également pour la prise précoce de statines. "Traiter très tôt va permettre de traiter les maladies cardiaques qui peuvent commencer vers 25-30 ans, donc c’est un challenge de traiter très tôt".

Aux cliniques universitaires Saint-Luc, le docteur Françoise Smets, spécialisée en hépatologie pédiatrique nuance le propos, tout en confirmant que pour certains enfants, le traitement est bien une question de vie ou de mort. "Cela dépend des antécédents familiaux de l’enfant, s’il y a eu des accidents cardio-vasculaires, de l’hypertension, du diabète, du surpoids dans la famille. Le risque augmente en fonction du taux de cholestérol. Autour de 1000 par exemple, c’est très élevé. Il faut donc traiter le plus vite possible et si le cholestérol ne descend pas aux alentours de 200, il faudra même envisager une greffe du foie". Voilà pour les cas les plus sérieux. Quant aux enfants ayant un taux de cholestérol plus bas, mais qui reste élevé, aux alentours de 250, "il faut les mettre à la diète et prescrire une activité physique, vérifier s’il s’agit de bon ou de mauvais cholestérol. Après quelques mois de ce régime, on refera une prise de sang, et s’il reste élevé, on prescrira des statines".

Les statines ne sont pas anodines

Ces statines ont des effets secondaires non-négligeables. Si le docteur Descamps estime que ces effets "sont surestimés par rapport à la réalité", le docteur Lys, pédiatre, les juge par contre très sérieux, au point qu’elle n’en a encore jamais prescrit à ses petits patients. "Les effets secondaires des statines au niveau musculaire ne sont pas anodins. Je n’ai encore jamais dû en donner mais je n’ai encore jamais eu d’autosomique dominante (la version la plus sévère de la maladie). Si j’en avais, je les enverrais dans un service spécialisé. Quant aux autres, je les dépiste s’il y a des antécédents dans la famille. Et si leur taux de cholestérol est trop élevé, je leur prescris un régime. Pour l’instant, j’ai toujours eu de bons résultats".

Le docteur Lys attire l’attention sur le type de régime, qui a pour but de préserver le foie et l’empêcher de produire du mauvais cholestérol. "On pense parfois que manger des fruits et légumes et pratiquer une activité physique suffit, mais ce n’est pas le cas. Imaginez que l’enfant mange des tomates et des poivrons, c’est trop acide pour le foie. L’activité physique, elle, doit être composée de mouvements continus, comme la marche par exemple. Il faut globalement éviter tout ce qui est difficile à digérer". La pédiatre travaille aussi sur d’autres facteurs environnementaux, comme la colère. "La colère a un impact sur les organes et notamment le foie".

On estime à 30 000 personnes, le nombre de Belges souffrant d’hypercholestérolémie familiale.

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