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Aveux de 3 des 6 extrémistes arrêtés pour le meurtre du jeune Palestinien

Aveux de 3 des 6 extrémistes arrêtés pour le meurtre du jeune Palestinien

"Trois des six suspects en détention ont avoué le meurtre de Mohammad Abou Khdeir, en le brûlant vif, et ont reconstitué la scène du crime" devant des policiers, a précisé cette source qui a requis l'anonymat. 

Leur garde à vue a été prolongée dimanche par un tribunal de Petah Tikva (centre d'Israël) de huit jours pour cinq d'entre eux et de cinq jours pour le dernier, selon leurs avocats. Ces derniers n'ont pas le droit de rencontrer leurs clients pendant toute cette période.

Les six jeunes Israéliens sont soupçonnés d'appartenir à une "organisation terroriste", une organisation illégale, d'enlèvement, d'homicide sur mineur, de conspiration, de possession illégale d'armes et de crime "pour motif nationaliste", selon le site d'information Ynet.

Extrémisme

Les suspects appréhendés dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'un adolescent palestinien "appartiennent apparemment à un groupe extrémiste juif", a déclaré à l'AFP un responsable israélien. Le Shin Beth, l'agence de sécurité intérieure, a de son côté indiqué que "plusieurs suspects juifs" avaient été arrêtés à l'aube et qu'ils étaient interrogés. Il s'agit de six jeunes. Benjamin Netanyahu a promis que "les auteurs de ce crime horrible subiraient toute la rigueur de la loi".

Aucun autre détail n'a été divulgué, l'affaire étant soumise à la censure, mais la police a admis, pour la première fois, que l'assassinat du jeune Palestinien pourrait avoir eu des raisons politiques : "la piste privilégiée est celle d'un crime à motif nationaliste", a dit à l'AFP une porte-parole de la police.

Lundi, Benjamin Netanyahu a appelé Hussein Abu Khder, le père du jeune Palestinien, pour lui présenter ses condoléances et a exprimé son indignation face à ce meurtre "abominable". "Je voulais vous exprimer mon indignation et celle des citoyens d'Israël après le meurtre condamnable de votre fils", a dit le Premier ministre. "Nous avons agi immédiatement pour arrêter les meurtriers. Nous les jugerons et ils subiront toute la rigueur de la loi", a-t-il ajouté. "Le meurtre de votre enfant est abominable et ne peut être accepté par aucun être humain", a-t-il dit. 

Enlevé puis immolé

Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, avait été enlevé le 2 juillet dans le quartier de Chouafat, à Jérusalem-Est occupée et annexée. Son cadavre - entièrement brûlé selon l'avocat de la famille - a été retrouvé quelques heures plus tard près d'une forêt dans la partie ouest de la ville. Selon les rapports préliminaires d'autopsie palestiniens, l'adolescent de Chouafat a été brûlé vif.

Dès la découverte de ses restes, les Palestiniens avaient accusé des juifs extrémistes de l'avoir kidnappé et tué par vengeance après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens dans la région d'Hébron, en Cisjordanie occupée, attribués par Israël au mouvement islamiste Hamas.

Le jeune homme a été enterré vendredi dans un climat très tendu, marqué par des troubles à Jérusalem-Est qui ont gagné samedi des localités arabes du nord d'Israël, où elles ont pris l'allure de manifestations antiracistes.

Attaques de drones israéliens

Sept combattants palestiniens ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi lors de frappes israéliennes sur la bande de Gaza, selon un nouveau bilan des services d'urgences du territoire palestinien.

Deux autres activistes palestiniens sont portés disparus à la suite des raids israéliens, selon le porte-parole des services d'urgences de Gaza, Achraf al-Qoudra.

Depuis minuit, au moins 12 roquettes se sont abattues sur le sud d'Israël, dont une a légèrement blessé un soldat et causé des dommages lundi matin, selon un communiqué militaire.

Des violences ont de nouveau éclaté dans la nuit de dimanche à lundi dans le nord d'Israël après l'annonce que le meurtre du jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem pourrait avoir eu des motifs politiques. La police a arrêté dimanche six jeunes extrémistes juifs dans le cadre de son enquête.

"Quelque 110 personnes ont été arrêtées cette nuit pour troubles à l'ordre public, jet de pierres, destruction de matériel, atteinte aux forces de l'ordre", a indiqué Louba Samri, un porte-parole de la police, principalement dans le "Triangle", le nom de la région de Galilée qui regroupe des agglomérations arabes.

Des manifestations de colère ont éclaté notamment à Nahf et Nazareth, où selon la police des centaines de manifestants masqués ont incendié des pneus et bloqué des routes.

Les incidents ont également gagné le sud d'Israël et les environs de Beersheva, la capitale du Néguev, où vit une importante communauté bédouine et où 12 manifestants ont été interpellés, selon la police.

Par ailleurs, plusieurs autobus israéliens ont été caillassés à divers endroits du pays.

Ce climat de violence inter-communautaire a aussi enflammé les réseaux sociaux où les appels à la vengeance se sont multipliés des deux côtés. Ainsi, une vidéo montrant un jeune Palestinien roué de coups par des gardes-frontières israéliens à Jérusalem-Est a soulevé une vive émotion.

Réaction des États-Unis

Les États-Unis se sont dits "profondément inquiets" d'apprendre qu'un adolescent américain avait été "sévèrement battu" par la police lors de sa détention.

Le jeune homme arrêté, âgé de 15 ans, a été identifié comme un cousin de nationalité américaine de Mohammad Abou Khdeir. Accusé d'avoir lancé des pierres lors d'une manifestation à Chouafat, il a été relâché dimanche et assigné à résidence pendant neuf jours par un tribunal de Jérusalem. Dans un entretien avec l'AFP, Tareq Abou Khdeir a démenti avoir caillassé des policiers : "Je ne lançais pas de pierres. Je ne faisais que regarder", a-t-il insisté.

Le ministère de la Justice a ouvert une enquête interne concernant cet incident qualifié de "grave".

Benjamin Netanyahu s'est engagé à "faire tout le nécessaire pour ramener la paix et la sécurité" dans le sud d'Israël. Mais il a appelé son gouvernement à la retenue devant le risque de confrontation généralisée. "L'expérience a prouvé que dans des moments comme aujourd'hui, nous devons garder la tête froide", a-t-il plaidé à l'adresse de certains de ses ministres qui réclament une opération d'envergure contre la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas.

AFP

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