Carnets d'opéra

Avec François Xavier-Roth, l’Italie des Troyens passe par Cologne

Carnets d'opéra

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30 sept. 2022 à 11:52Temps de lecture2 min
Par Nicolas Blanmont

L’infatigable François-Xavier Roth ouvre la saison de l’opéra de Cologne avec le monumental chef-d’œuvre de Berlioz, Les Troyens. Nicolas Blanmont nous en dit plus dans ses Carnets d’opéra.

Italie ! chantent plusieurs fois les Troyens quand, dans l’opéra éponyme de Berlioz, ils partent fonder une nouvelle ville après avoir abandonné Troie aux Grecs avec leur fameux cheval. Mais ils passeront par Carthage, où Enée s’éprendra de Didon avant de l’abandonner pour reprendre sa route.

On n’a pas souvent l’occasion de voir le monumental chef-d’œuvre de Berlioz : cinq actes, quatre heures de musique, quinze solistes, des chœurs superlatifs et un orchestre à la nomenclature raffinée, tant et si bien que l’ouvrage resta longtemps divisé en deux parties et qu’on ne donnait même que Les Troyens à Carthage, La prise de Troie étant laissée de côté. Il faut donc aller à Cologne où l’infatigable François-Xavier Roth ouvre la saison de l’opéra avec ce chef-d’œuvre, en magnifiant ses splendeurs, en soulignant toutes ses trouvailles mais sans rien cacher de ses quelques faiblesses – un côté parfois kitsch, hétéroclite ou boursouflé.

Gürzenich-Orchester Köln, Isabelle Druet, Statisterie der Oper Köln
Chor der Oper Köln, Gürzenich-Orchester Köln

Dans les grands espaces plats et sans machineries du Staatenhaus (le lieu de transit "provisoire" de l’opéra de Cologne depuis près de dix ans maintenant !), l’orchestre a été placé au sens d’une fosse ronde comme au cirque, ceinturée d’un catwalk de verre blanc où les personnages s’affrontent et où des dieux aux costumes somptueux prennent la pose.

La mise en scène de Johannes Erath, avec son cheval de forme humaine, ses Troyens en tenue de soirée puis en tenue de plage et sa baignoire qui abrite Cassandre puis Didon, est à l’image de l’œuvre : inventive, parfois excessive, minutieuse dans la direction d’acteurs et, finalement, attachante parce que très humaine. Pas vraiment de stars dans la distribution, des voix parfois imparfaites, une diction française souvent perfectible, mais de véritables personnages de chair et d’os : on retiendra particulièrement Isabelle Druet (Cassandre), Mirko Roschkowski (Enée, en alternance avec Enea Scala), Veronica Simeoni (Didon), Adriana Bastidas-Gamba (Anna) ou Giulia Montanarin (Ascagne).

Cologne Oper am Staatenhaus, jusqu’au 15 octobre ; www.opera.koeln

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