RTBFPasser au contenu
Rechercher

Australie: quelles conséquences pour l'environnement ont ces fumées voyageuses ?

Incendies Australie : fumées à l impact considérable

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

07 janv. 2020 à 14:36 - mise à jour 07 janv. 2020 à 14:36Temps de lecture4 min
Par Olivier Arendt

En Australie, la fumée des incendies qui font rage fait exploser les taux de pollutions dans les grandes villes du pays, la situation est préoccupante. Ce week-end, Canberra, la capitale, a été placée en tête des villes les plus polluées au monde en raison des feux qui l’entourent. Sydney quand a elle suffoque. Les taux de particules fines ont explosé, pouvant présenter un danger réel pour la population.

Au-dessus des incendies en Australie, de nouveaux nuages se forment : les pyrocumulus. Ils sont une conséquence de ces incendies et en même temps les aggravent. Une sorte de cercle vicieux parce qu’ils génèrent leurs propres phénomènes météorologiques, les "orages de feu" aux éclairs dévastateurs.


Presque sans pluie et difficilement prévisibles : les scientifiques essaient toujours de comprendre l’origine de ces "orages de feu". La météo et le sol jouent un rôle tout comme les caractéristiques du feu en lui-même. Mais les principes de base sont toujours les mêmes : les grands incendies provoquent une chaleur extrême et un grand panache de fumée qui, en s’élevant dans le ciel, interagit avec l’humidité de l’air pour former un nuage.

"Dans des conditions appropriées, le nuage peut passer plus vite dans la basse stratosphère", explique le bureau météorologique australien.

"Les chocs des particules de glace situées dans les parties supérieures très froides de ces nuages provoquent une accumulation de charge électrique, qui est libérée par des éclairs géants. Après avoir produit un orage de feu, ce nuage, est appelé de "pyrocumulonimbus".

Pourquoi sont-ils dangereux ?

Ces orages ont tendance à être accompagnés de très peu de pluie de sorte quand la foudre frappe le sol, très sec, cela génère de nouveaux incendies dans les environs. Lors du "samedi noir" dans l’Etat de Victoria en 2009, les éclairs ont provoqué de nouveaux incendies jusqu’à 100 kilomètres plus loin que l’incendie d’origine. Le danger ne s’arrête malheureusement pas là.

Les incendies peuvent aussi projeter des braises jusqu’à 30 kilomètres au-delà de l’endroit où l’orage s’est produit. Et les nuages peuvent aussi produire de puissants courants ascendants et des "rafales descendantes" générant des vents extrêmement violents pouvant attiser les flammes existantes. Ils peuvent même créer des tornades de feu.

Peut-on les prévoir ?

Les experts disent que ces phénomènes sont incroyablement difficiles à anticiper parce que les incendies eux-mêmes sont difficiles à prévoir.

"La prévision de la composante météorologique sera éventuellement possible des jours à l’avance, mais prévoir les conditions favorables aux incendies demeurera un défi important pendant un certain temps", estime le Bureau de météorologie australien.

Des chercheurs basés à Canberra estiment que ce qu’on appelle la partie "enflammée profonde" (soit la profondeur du feu actif) est essentiel pour comprendre quand les orages de feux se produisent, et étudient donc les facteurs influençant cette profondeur.

Quelle est leur fréquence ?

Entre 2001 et 2016, 56 orages de ce genre ont été enregistrés en Australie. Ce phénomène a également été observé aux États-Unis, au Canada, en Russie et en Mongolie – principalement dans des zones forestières.

Mais certains signes montrent qu’ils deviennent plus fréquents. Au cours d’une période de six semaines en 2019, au moins 18 pyrocumulonimbus se sont formés dans le seul État de Victoria, dans le sud-est de l’Australie. Les experts pensent également que le changement climatique amplifie les conditions nécessaires à la formation de ces orages de feu.

Les chercheurs prédisent que d’ici 2060, il pourrait y avoir une forte augmentation des conditions pouvant générer ce type d’orages et que ceux-ci pourraient commencer à se produire dès le printemps ainsi qu’en été.

Le secteur des assurances en Australie évalue, lui,, déjà à 700 millions de dollars (430 millions d’euros) la facture occasionnée par les feux.

Loading...

Cap sur la Nouvelle Zélande

Les dégagements de fumée de la fournaise en Australie ont atteint les côtes néo-zélandaises durant le week-end, après avoir parcouru plus de 2000 kilomètres.

A Christchurch, une des grandes villes les habitants pouvaient sentir une odeur de brûlé, rapporte Richard Tindiller, le correspondant de RFI sur place.

Toujours dans l’île du Sud, les effets plus surprenants se constatent sur le fameux glacier de Franz Josef, qui attire plusieurs milliers de touristes par an, les randonneurs ont été surpris de constater que les poussières des feux de brousse géants avaient transformé les neiges, habituellement d’un blanc immaculé, en couleur caramel.

Les pompiers néo-zélandais ont annoncé mardi être parvenus à maîtriser un feu de forêt qui a consommé 350 hectares dans l’île du Nord. Le pays maintient cependant son appui au voisin australien, en fournissant des pompiers et des avions pour lutter contre les feux.

De nombreux observateurs locaux redoutent que les incendies australiens puissent avoir un effet néfaste sur le tourisme en Nouvelle-Zélande, cette saison. Un secteur majeur pour l’économie du pays et surtout que nous sommes à peine au début de l’été dans cette partie du monde.

Accélération du déplacement à cause des "Quarantièmes Rugissants"

Il s’agit de la ceinture de vent situé à 40 degrés de latitude au-dessus de l’océan Austral que les marins ont nommée ainsi il y a des siècles. Contrairement à l’hémisphère nord, qui a beaucoup de terres à cette latitude, l’hémisphère sud dans cette zone des 40 degrés est principalement un océan avec juste des bouts de terre – comme la Tasmanie, l’île du sud de la Nouvelle-Zélande et la partie très sud de l’Amérique du Sud, les seules zones qui de terre. Avec donc ce manque de terre pour ralentir les choses, le vent souffle sur la mer, alimenté par les tempêtes. Ces vents forts tourbillonnent rapidement autour de l’Antarctique.

Loading...

Arrivée en Amérique du Sud

Les fumées ont atteint le Chili et l’Argentine après avoir parcouru plus de 12.000 km au-dessus du Pacifique, ont annoncé lundi les services météorologiques de ces deux pays sud-américains.

En début de journée, "le soleil (a été marqué) de tons rouges en raison d’un nuage de fumée provenant des incendies" australiens, a indiqué à l’AFP Patricio Urra, un responsable de l’institut de météorologie chilien. Le nuage de fumée se situe à "6000 mètres d’altitude et serait sans conséquences" selon l’Institut Argentin.

L’entreprise de météorologie Metsul, une référence en la matière dans la région, a précisé que les fumées pourraient également atteindre Rio Grande do Sul, l’Etat le plus méridional du Brésil.

Loading...