Economie

Augmentation des prix en supermarché : la pression est toujours forte sur les distributeurs

07 oct. 2022 à 12:49Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck sur base du Focus de François Heureux

+8% pour la viande, +12% pour le fromage, + 15% pour le pain, +37% pour les pâtes... les prix de nombreux produits vendus en supermarché ont continué à croître au cours du mois de septembre. Selon Tests Achats, la hausse s’établit désormais à 13,2% en moyenne sur les 12 derniers mois. Alors, à quoi les ménages doivent-ils s'attendre ? Réponse avec Christophe Sancy, rédacteur en chef de Gondola, une plateforme spécialisée dans la grande distribution en Belgique.

"Tous les métiers liés à la distributions souffrent eux aussi", commence par préciser Christophe Sancy. "Ces prix n'augmentent pas de gaité de coeur. Et la crainte c'est que ça puisse couper la pompe à la consommation."

Si jamais on ne peut pas augmenter les coûts jusqu'au consommateur, c'est toute la filière qui va souffrir

Il y a donc une grosse pression qui s'exerce dans toute la filière. Et certes, les commerçants disent à leurs fournisseurs de ne pas répercuter l'intégralité des surcoûts. "Mais c'est intenable. Si jamais on ne peut pas augmenter les coûts jusqu'au consommateur, c'est toute la filière qui va souffrir. Il y a des entreprises qui vont crouler."

Nous sommes d'ailleurs au début de la phase de négociation de prix entre la grande distribution et ses fournisseurs. Mais faut-il compter là-dessus pour faire diminuer les prix ? Pour le rédacteur en chef de Gondola, la réponse est non. "Cela peut permettre de freiner des augmentations sauvages. Mais la tendance macro-économique est là, et est générale. Elle n'est pas liée à une spéculation particulière et à une volonté d'augmenter ses marges."

Le comportement des consommateurs

Du point de vue du comportement des consommateurs, les marques de distributeurs - les fameuses marques "blanches" - gagnent un peu de terrain. "Mais ce ne sont pas des ruées", précise Christophe Sancy. "Elles gagnent un, voire deux points de parts de marché. Mais c'est beaucoup en volume."

Pour autant, le rédacteur en chef de Gondola note que "le différentiel de prix qui existe entre une grande marque et une marque de distributeur ne s'est pas accru. Cela veut dire que, là aussi, les marques de distributeur ont augmenté. Cela fragilise donc la vision qui serait de dire que les grandes marques s'en mettent toujours plein la poche".

Par ailleurs, toujours selon Test Achats, les magasins qui font la part-belle aux produits locaux sembleraient moins impactés par les hausses vertigineuses. "Il peut y avoir des surprises", confirme Christophe Sancy. "Il peut être possible que cela soit parfois moins cher, et parfois pas. Je crois que c'est surtout dû à une autre façon d'acheter. Vous y faites peut-être des achats plus conscients."

C'est d'ailleurs l'un des conseils que donnerait le rédacteur en chef de Gondola : "pour maîtriser son budget, il faut bien réfléchir aux achats, être peut-être moins impulsif et savoir ce que l'on veut acheter." L'expert prône donc une forme de discipline. 

Je ne crois pas à des changements si spectaculaires que cela

Alors, allons-nous vers un grand changement de comportements des consommateurs ? Christophe Sancy dit rester sceptique à ce propos. "On a vu que les deux confinements successifs ont eu des impacts énormes sur la manière dont les gens consommaient ou achetaient", explique-t-il. "Mais avant même cette crise économique, ils étaient revenus à un modèle d'achat plus conventionnel."

"Je ne crois pas à des changements si spectaculaires que cela."

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