Cyclisme

Au service-course de Circus-Wanty Gobert, les vélos dorment… et pour longtemps !

Chez Circus-Wanty Gobert, et c'est le cas pour toutes les équipes cyclistes, les vélos sont pendus au clou pour un long moment.

Depuis samedi dernier et le dénouement de Paris-Nice, le printemps cycliste est terminé… avant même d’avoir réellement commencé. La crise sanitaire lié au coronavirus pousse le monde sportif dans les cordes. Tout, ou quasi tout, est reporté, voire définitivement annulé. Aucune course cycliste, décision de l’UCI (l’Union Cycliste Internationale), ne sera organisée avant le 1er mai. 

Les équipes professionnelles, qui fonctionnent comme de véritables petites entreprises, sont donc à l’arrêt. Les coureurs, selon les restrictions du pays où ils vivent, s’entraînent en intérieur ou à l’extérieur (ce qui est toujours autorisé en Belgique). Le reste du personnel, administratif, médical, technique, est prié de rester confiné à domicile. 

Nous nous sommes rendus au service-course de Circus-Wanty Gobert, à Tournai. Le magasin " tout public " en façade est fermé. Même constat à l’arrière… pas une âme qui vive dans le grand hangar qui abrite les vélos, les voitures, les camionnettes techniques et les camping-cars de l’équipe. Le patron du team, Jean-François Bourlart, nous y accueille, le regard vide.

Jean-François, c’est dur dur…

" Oui… nous sommes ici dans un bâtiment d’environ 600 mètres carrés dans lequel nous stockons tous nos vélos, tous nos véhicules et tout le matériel dont l’équipe a besoin pendant l’année. A cette période-ci de la saison, ce bâtiment devrait être vide. Tous les vélos et toutes les voitures devraient être sur les courses mais malheureusement, pour l’instant, tout se trouve ici, stocké et bien rangé. Le personnel est rentré de Paris-Nice lundi et on a directement pris la décision de renvoyer tout le monde chez soi. Personne n’a travaillé cette semaine. Et ce sera sans doute encore le cas les semaines qui viennent. Notre service-course est rempli avec les camions, les vélos et le matériel mais il n’y a plus personne pour y travailler… "

Tout le monde se pose 36 000 questions et finalement tout le monde a peur. C’est forcément un sentiment bizarre et on se demande ce qui nous arrive.

On a l’impression que vous vous promenez dans ce hangar comme une âme en peine, comme quelqu’un qui cherche une occupation… Cette situation est vraiment perturbante.

" C’est perturbant parce que c’est une situation qu’on ne connaît pas. Tout le monde se pose 36 000 questions et finalement tout le monde a peur. C’est forcément un sentiment bizarre et on se demande ce qui nous arrive. C’est une catastrophe pour l’équipe, pour les coureurs qui ont fait des sacrifices pour arriver en forme à ce moment important de la saison, le moment des classiques. C’est triste oui, pour plein de raisons. "

Au propre comme au figuré, vous avec donc pendu les vélos au clou dans votre hangar !

" Oui et ça fait bizarre de voir les boxes des coureurs remplis avec tous les vélos. Ce n’est pas bon signe… ça veut dire qu’il n’y a pas de course et qu’on ne roule pas. Nous comptons vingt-six coureurs, il y a quatre vélos dans chaque box, nous avons donc ici devant nous une centaine de vélos qui attendent la prochaine compétition. "

J’ai notamment appelé Patrick Lefevere, une référence. Je voulais savoir comment il réagissait par rapport à cette situation, ce qu’il mettait en place. Dans de telles conditions, une solidarité s’installe.

Avez-vous pris contact avec d’autres confrères patrons d’équipes pour savoir comment ils fonctionnent en ce moment ?

" Oui oui. J’ai notamment appelé Patrick Lefevere, une référence, le boss de Deceuninck-Quick Step, la plus grande équipe belge. Je voulais savoir comment il réagissait par rapport à cette situation, ce qu’il mettait en place, ce qu’il comptait faire vis-à-vis de son personnel pendant les prochaines semaines. Dans de telles conditions, une solidarité s’installe. "

Quand on voit tous les véhicules garés ici, on imagine ce que ça représente financièrement. Et pourtant, ils vont rester à l’arrêt un long moment. Un lourd investissement qui ne rapporte rien, du moins provisoirement…

" On a profité de cette semaine pour bien les nettoyer. Désormais, ils seront stockés pour quelques semaines. C’est un investissement qui va dormir au service-course et c’est un peu dommage. "

 

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous