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Au Royaume-Uni, les musées redoutent la flambée des prix de l’énergie

De nombreux musées britanniques pourraient être contraints de changer leurs horaires d'ouverture, voire de fermer momentanément, en réaction à l'inflation.

© Photographie stockcam / Getty Images

Pour les musées britanniques, le pire est à venir. Ils redoutent les conséquences de la hausse des prix du gaz et de l’électricité sur un secteur déjà fragilisé par une fréquentation en baisse. L’association des musées britanniques demande au gouvernement d’intervenir pour éviter une nouvelle crise.

Le couperet est tombé. L’Office of Gas and Electricity Markets (Ofgem), le régulateur britannique de l’énergie, a récemment annoncé une hausse de 80% des prix du gaz et de l'électricité. Le plafond, actuellement de 1971 livres (2300 euros) par an en moyenne pour une famille, passera à 3549 livres (4100 euros) dès le mois d’octobre, au début de la période de chauffage.

Dans ces circonstances, un vent d’inquiétude souffle parmi les professionnels de la culture. Ils s'inquiètent de l’impact de la hausse de la facture annoncée par l'Ofgem. L’association des musées britanniques a même déclaré que l’inflation risquait d'être un coup plus dur pour le secteur que la pandémie

"Nous recevons presque chaque jour des appels inquiets d'institutions qui nous disent que leurs factures de gaz et d'électricité seront cinq fois plus élevées que celle de l'année dernière", a affirmé Sharon Heal, la directrice de l’organisation, au Guardian.

Ils nous disent : "C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour nous. C'est pire que le Covid".

Les musées britanniques peinent déjà à surmonter le choc de la crise sanitaire. Le gouvernement britannique avait pourtant débloqué plusieurs milliards de livres sterling d’aides lorsque les institutions culturelles ont été contraintes de fermer. Mais pour la plupart, ce n’était pas suffisant pour compenser toutes leurs pertes.

Des refuges de chaleur pour l'hiver

A cela s’ajoutent une fréquentation en berne, une baisse des donations ainsi qu’une hausse des prix des matériaux de construction depuis l’été dernier. L’inflation est le coup de grâce pour ces établissements, surtout que certaines régions étudient la possibilité d’en faire des "refuges de chaleur" pour accueillir les Britanniques les plus accablés par la hausse du coût de la vie.

Mais l’association des musées britanniques affirme que de nombreuses institutions pourraient être contraintes de changer leurs horaires d'ouverture voire de fermer momentanément leurs portes, en réaction à l’augmentation démesurée de leurs factures d’énergie. Si le British Museum, le V&A, la National Gallery et les autres grands établissements nationaux devraient réussir à traverser cette nouvelle crise, l’inquiétude est de mise pour les musées de province

"L'une de nos consolations est que nous ne sommes pas seuls", a déclaré Carolyn Ayers, responsable des domaines et de la conservation au Royal Greenwich Heritage Trust, au Museums Journal.

L'un des aspects les plus intéressants du secteur muséal est que nous travaillons ensemble, nous ne sommes pas en concurrence, mais pour l'instant, personne n'a proposé d'idées réalistes. Nous avons vraiment besoin du soutien du gouvernement

L’association des musées britanniques prévoit ainsi de plaider la cause de ses plus de 1800 membres auprès du futur successeur de Boris Johnson, qui doit être désigné début septembre. Elle souhaite obtenir des fonds supplémentaires pour maintenir les musées ouverts et permettre aux personnes vulnérables de s’y réfugier durant l’hiver. Comme l’a expliqué Sharon Heal au Guardian, "il s'agit d'un investissement dans la sécurité de nos communautés".

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