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Au Liban, les pénuries d’eau potable menacent à cause du manque de carburant

Au Liban, les pénuries d’eau potable menacent à cause du manque de carburant
28 août 2021 à 16:16 - mise à jour 28 août 2021 à 17:513 min
Par RTBF, avec agences

Le prix des carburants a augmenté de près de 70% depuis une semaine au Liban ; une augmentation en lien avec une nouvelle réduction des subventions étatiques, dans un pays privé de devises étrangères à cause d’une crise bancaire et monétaire profonde. D’ailleurs, le pays connaît de sérieuses pénuries d’essences depuis des mois.

Les prix des carburants ont en réalité bondi en deux mois de temps, depuis le début des réductions de subventions octroyées par la Banque centrale libanaise aux nombreuses importations de denrées de premières nécessité, dont le pays a besoin.

Cette dernière augmentation risque de se répercuter encore sur toute l’économie et, entraînera une hausse des prix dans le pays touché par l’hyperinflation. Avec la crise, les prix dans les supermarchés augmentent quasiment de semaine en semaine, en raison d’une dépréciation de la livre libanaise que rien ne semble enrayer.

Ces hausses de prix et ces pénuries de carburant, touchent l’ensemble de la chaîne de production et de distribution de l’eau embouteillée, explique le quotidien francophone L’Orient Le Jour.

Car, dans un pays privé de fourniture d’électricité en continu – à peine quelques heures par jour de courant sont assurées par la compagnie publique Electricité du Liban, ce sont les générateurs et les groupes électrogènes qui pallient l’absence de courant. Et dans les usines d’embouteillage d’eau potable, ces générateurs sont essentiels pour le pompage de l’eau, et pour la fabrication de bouteilles en plastique. Pas seulement : comment par ailleurs faire parvenir les bouteilles aux supermarchés et aux ménages, si les distributeurs ne peuvent pas acheter de l’essence ?

Manque d’accès à l’eau potable : 4 millions de personnes menacées

L’eau courante dans les habitations n’est pas potable dans le pays, les Libanais sont donc largement tributaires de ce marché d’eau potable pour bore et cuisiner. Mais, de plus, même l’eau du robinet arrive à manquer, parce que les générateurs ne peuvent plus pomper l’eau domestique pour la faire parvenir dans les maisons et les appartements…

Aujourd’hui, plusieurs confrontations entre clients sont rapportées dans les supermarchés qui rationnent désormais la quantité de bouteilles d’eau vendues par personne.


►►► Lire aussi : Un an après l’explosion au port de Beyrouth, les Libanais sont toujours en quête de justice : "L’Etat est complètement absent"


Une situation inquiétante, au point d’interpeller l’UNICEF. Selon l’agence onusienne, plus de quatre millions de personnes sont menacées de ne plus avoir accès à l’eau au Liban, ce qui équivaut à 70% de la population du pays.

"A moins que des mesures urgentes ne soient prises, plus de quatre millions de personnes risquent d’être complètement privées de l’approvisionnement en eau potable dans les prochains jours", alerte la directrice de l’UNICEF dans un communiqué.

Par ailleurs, avec le manque d’eau potable, d’essence et de gaz, c’est aussi la nourriture qui désormais touchée. Les bactéries se multiplient, et les infections alimentaires et les maladies gastriques sont en augmentation, relate pour sa part e journal français La Croix.

Depuis l’automne 2019, le Liban traverse l’une des pires crises économiques au monde depuis le milieu du XIXe siècle, selon la Banque mondiale.

Un mécanisme de la Banque centrale (BDL) permettait de fournir aux importateurs des dollars au taux officiel de 1507 livres libanaises, plus avantageux que celui du marché, jugulant ainsi les prix de certains produits.

Mais à court de devises, la BDL a commencé à rationner progressivement ses dollars. Fin juin, elle avait annoncé l’adoption d’un taux de 3900 livres pour un dollar pour les importations de carburant.

Samedi, lors d’une réunion entre le président, le Premier ministre sortant et le gouverneur de la Banque centrale, un nouveau taux de 8000 livres a été adopté.

Sur le marché noir, le dollar a atteint cet été les 20 000 livres libanaises.

Depuis plusieurs semaines, la population éreintée vit de longues heures sans électricité et même les hôpitaux sont menacés par la crise énergétique. Environ 78% de la population libanaise vit désormais sous le seuil de pauvreté, selon l’ONU.

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