RTBFPasser au contenu
Rechercher

Politique

Au cas où il y aurait pénurie de gaz, le gouvernement a préparé le plan d’urgence

06 avr. 2022 à 04:00 - mise à jour 06 avr. 2022 à 12:22Temps de lecture2 min
Par Jean-François Noulet, avec B. Hupin

La guerre en Ukraine, ses conséquences et celles des sanctions prises à l’égard de la Russie obligent les gouvernements occidentaux à envisager le pire. C’est dans ce contexte qu’au gouvernement belge, on a réactualisé le "Plan d’urgence" pour être prêt au cas où la Belgique aurait des problèmes d’approvisionnement en gaz.

Notre rédaction s’est procuré le document qui présente ce plan. Sous le titre "Gaz Naturel, Plan d’urgence, Solidarité", le document, estampillé "SPF Economie" est daté de ce 5 avril.

Trois étapes sont envisagées, une phase de pré-alerte, une phase d’alerte et une phase d’urgence, impliquant chacune des mesures précises à mettre en œuvre.

La situation actuelle n’indique pas de risque pour la sécurité d’approvisionnement

Le document du SPF Economie qui présente l’ensemble du Plan d’urgence "gaz" dresse d’abord un tableau de la situation actuelle. Jusqu’à présent, peut-on lire, les livraisons de gaz en provenance de Russie sont stables. Les contrats sont respectés. On a même importé, en 2022, plus de gaz qu’en 2021 à la même époque.

Le document rappelle aussi que la Belgique compte plusieurs points d’entrée pour le gaz naturel. Il y a des connexions via l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, mais aussi la France et la Grande-Bretagne. En outre, des capacités de stockages de LNG, du gaz liquéfié, sont disponibles à Zeebruge.

Dans ce contexte, il n’y a pas d’indications de risque pour la sécurité d’approvisionnement en gaz.

Actuellement, la situation est surveillée, notamment via Fluxys, le gestionnaire de réseaux. Des rapports doivent être faits régulièrement, plusieurs fois par semaine.

La situation actuelle n’empêche pas, malgré tout, de se préparer à des scénarios plus délicats.

Au cas où : un plan d’urgence en trois phases

Le "Noodplan", le Plan d’urgence pour l’approvisionnement en gaz repose sur une loi de 2017 sur la sécurité d’approvisionnement en gaz. Ce plan n’est pas totalement neuf, il date de 2020.

Selon les phases, il prévoit des mesures sur base volontaire et d’autres obligatoires.

La première phase est une phase qualifiée d'"Early warning", soit de pré-alerte. Elle prévoit surtout une surveillance de la situation.

La deuxième phase est une phase d'"Alerte". Elle prévoit l’utilisation de réserves opérationnelles de gaz, l’achat de gaz par le gestionnaire de réseau Fluxys et une utilisation des réserves opérationnelles de gaz et prévoit d’augmenter l’usage des terminaux LNG et des installations de stockage.

La troisième phase et dite "d’urgence". Ici, on prévoit d’appeler les utilisateurs de gaz à réduire leur consommation.  Des limitations pourraient être imposées en cas pénurie importante. 

Dès cette semaine, les Belges devraient être invités à consommer moins de gaz

D’ici la fin de la semaine, en principe, selon nos informations, le gouvernement devrait lancer une campagne à destination des Belges. Baptisée "Ik heb impact", "J’ai un impact", cette campagne devrait appeler les Belges à utiliser intelligemment l’énergie pour diminuer la consommation de gaz et de pétrole.
L’idée est de faire prendre conscience aux Belges qu’en utilisant moins d’énergie, ils aident indirectement l’Ukraine.

Cette campagne devrait prendre la forme de spots d’une trentaine de secondes diffusés sur les radios. L’idée serait d’envoyer un message positif, non-alarmiste. Un site web devrait accompagner la campagne. En résumé, le message serait que chaque effort, chaque geste compte. Avec au bout, le résultat de l’effort collectif de 11 millions de Belges.

Sur le même sujet

Gaz russe : "La situation est grave, mais la Belgique est pleinement préparée"

Belgique

Interruption potentielle des livraisons de gaz russe : les Belges paieraient plus cher malgré un approvisionnement stable

Energie

Articles recommandés pour vous