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Voyages

Au Brésil, le tourisme tente de remonter la pente

Au Brésil, le tourisme tente de remonter la pente.
28 févr. 2022 à 15:003 min
Par RTBF avec AFP

Sans les défilés somptueux des chars monumentaux au sambodrome, reportés au mois d'avril, la semaine du carnaval de Rio de Janeiro perd de sa splendeur. Un rude coup pour le secteur du tourisme au Brésil, déjà ébranlé par la pandémie.

Le report des carnavals freine la reprise

Dans un monde sans Covid-19, les rues de Rio seraient remplies de touristes, pour une semaine de fête jour et nuit : en 2020, la "Ville merveilleuse" avait reçu pas moins de 2,1 millions de visiteurs à la même époque. Mais à Rio comme dans les autres destinations normalement très prisées pour le carnaval, on attend moins de voyageurs, et surtout très peu d'étrangers.

Pour une véritable embellie, il faudra encore attendre pour le secteur, qui a touché le fond en 2020.

Le chiffres d'affaires avait baissé cette année-là de 35%. Et le rebond de 20% en 2021 est loin d'avoir compensé les pertes.

La semaine du carnaval de Rio ne sera pas totalement dépourvue de festivités : des concerts et des fêtes privées auront lieu avec une jauge à 70% et certificat de vaccination obligatoire. Mais l'augmentation exponentielle des contaminations due au variant Omicron a poussé les autorités à reporter les défilés du sambodrome à fin avril.

"Il y aura de quoi gagner de l'argent en avril" grâce aux défilés qui auront bien lieu, contrairement à l'année dernière, explique Fabio Bentes, économiste de la Confédération nationale du commerce et du tourisme (CNC). "Mais on sera loin des recettes d'avant la pandémie." Pour la semaine du carnaval, il prévoit un chiffre d'affaires amputé d'un tiers par rapport à la période pré-pandémie.

Selon lui, le secteur du tourisme, représentait 7,7% de Produit Intérieur Brut brésilien en 2019, avec un chiffre d'affaires de 551,5 milliards de réais (environ 95 milliards d'euros). Depuis l'arrivée du Covid, il a subi 84 milliards d'euros de pertes et la suppression de 340.000 emplois.

Le pays attend impatiemment le retour des visiteurs étrangers

Le Brésil est pourtant une destination touristique de choix, et pas seulement à Rio, avec la forêt amazonienne, la faune exubérante du Pantanal, les spectaculaires chutes d'Iguaçu ou les plages paradisiaques du nord-est.

Mais le coronavirus a fait des ravages dans tout le pays, le deuxième le plus endeuillé après les Etats-Unis, avec près de 650.000 morts. La situation s'est améliorée grâce à l'avancée de la vaccination

Mais les visiteurs étrangers sont encore rares : seulement 5 à 7% du total d'avant l'arrivée du coronavirus.

Flavio Miranda attend des clients au pied de la colline du Corcovado, où l'iconique statue du Christ rédempteur étend ses bras sur la ville de Rio. Ce chauffeur de taxi de 52 ans, qui habite une favela toute proche, propose aux visiteurs de les amener aux principales attractions touristiques. Au plus fort de la pandémie, il s'est retrouvé huit mois sans travailler, dépendant de dons pour nourrir sa famille. "Ici, ça grouillait de touristes. En ce moment, il n'y a pratiquement personne, même si ça commence à revenir", dit-il, précisant que ses revenus actuels sont en baisse de 80% par rapport à avant la pandémie.

La guerre en Ukraine inquiète les professionnels

Selon les spécialistes, la chute drastique du nombre de touristes étrangers a été en partie compensée par l'augmentation du nombre de touristes brésiliens. "Avant, on voyageait surtout à l'étranger. Mais après de longs mois d'isolement, on a décidé de partir à Rio", dit Maria Augusta Rosa, 40 ans, fonctionnaire venue de Goiania (centre-ouest).

La remise à flot complète du secteur n'est attendue que courant 2023.

Mais ceux qui vivent du tourisme ne sont pas à l'abri d'autres mauvaises surprises. Remy Harbonnier, qui propose dans son agence Heliconia des croisières sur l'Amazone et des séjours au cœur de la forêt vierge, a vu son activité chuter de 80% depuis le début de la pandémie. Il espère revenir à 50% cette année mais s'inquiète à présent du conflit armé en Ukraine. "Cela joue sur le taux de change, l'euro baisse, c'est un peu flippant. Mais on essaie de dire qu'on sort de deux années de Covid et on va essayer de résister à un conflit en Europe."

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